Alcool
Chapitre 2
Le lendemain matin en se rasant un des types de ma cellule dit à la cantonade qu'il y a une nouvelle femme dans la prison. Cela fait rire les autres. Moi je n'ai pas assez de poils pour me raser tous les jours. À la promenade, le vieux de la cellule voisine regarde obstinément le sol. Personne ne lui parle, il ne parle à personne. Un de ses compagnons de cellule parle avec un type de ma cellule. Ils fument une cigarette ensemble.
Vers la fin de la promenade, le vieux est entouré par les mecs de sa cellule et celui qui a fumé une cigarette se met à lui pétrir les fesses devant tout le monde. Personne ne dit rien et regarde la scène. Sourires ironiques au milieu de visages fermés. Le vieux, les larmes aux yeux, le laisse faire. Les gardiens regardent ailleurs. Nous regagnons tous nos cellules.
Toilette du soir. Les mecs pissent devant moi. Ils sont costauds. Quelques tatouages sur les peaux luisantes de sueur. Leurs ventres débordent au-dessus des caleçons. Ils ne parlent pas et se couchent directement sans même se souhaiter bonne nuit. Je n'ai pas échangé plus dix mots avec eux depuis que je suis là. Les lumières s'éteignent. Je garde les yeux ouverts dans le noir. Je pense au vieux de la cellule voisine. Ce soir il n'y a pas de bruit. Peut-être qu'ils vont le laisser tranquille. Il fait très chaud. Je suis en polo et caleçon. Je n'arrive pas à trouver le sommeil. Cela fait six jours que je suis ici. Je me tourne et retourne sur mon matelas.
Le vieux hante mes pensées. Je l'ai vu à poil sous la douche. Des poils blancs, des rides, un corps maigre, moche. Il doit avoir presque cinquante ans. Les autres mecs de sa cellule doivent avoir à peine la quarantaine. Ainsi donc c'est vrai que c'est la loi du plus fort et que tu deviens vite une larve. Il va pleuvoir. Je m'assoupis...
Un mouvement dans la piaule! Un mec est debout! Il va vers les
toilettes. Je ferme les yeux. J'entends le bruit de l'urine
couler le long de la cuvette. Il finit de pisser. J'entrouvre les
yeux. Le corps se découpe dans la pénombre. Je vois
parfaitement la bosse sous le caleçon. Le type se
recouche. Je me calme. J'ai eu peur. Le sang bat contre mes
tempes. Je somnole avant de m'endormir... 
Réveil en sursaut... Je ne peux pas bouger... J'ai du mal à réaliser ce qui se passe... Ils sont à genoux autour de moi. Leurs silhouettes massives se découpent dans la pénombre. Seule la lumière de la lune passant par la lucarne éclaire la cellule. Je comprends tout de suite ce qu'ils veulent. Je panique. J'ouvre la bouche pour crier. Une claque me coupe le souffle. Autour de mon matelas, ils ne parlent pas et respirent fort. Des mains puissantes me bloquent, les jambes, les bras, le cou. Un tissu mouillé force ma bouche. Ils m'immobilisent la tête. Je vois les lueurs dans leurs yeux. Le tissu m'écarte violemment les mâchoires. Les doigts poussent le linge au fond de ma bouche. Je gigote sur le matelas. Ils me tiennent bien.
Je grogne. Ils frappent. Je ne sais pas pourquoi ils me tabassent. Ils me frappent en silence. Sur tout le corps à l'exception du visage. Ils ont les poings entourés de tissus. Je ne peux parer aucun coup. Je souffre en grognant de douleur. Je repense au vieux et me demande s'il entend mes gémissements dans sa cellule. Les coups pleuvent sur mon corps. Les mecs prennent leur temps et frappent à tour de rôle. Essentiellement sur mes côtes, mes cuisses, mon ventre et mon bas ventre.
- Stop!...
L'ordre n'est qu'un chuchotement, mais les coups s'arrêtent. Le visage d'un des mecs, le plus vieux, se penche sur le mien. Ses yeux méchants brillent dans le noir. Les autres m'agrippent fermement les bras et les mollets. Son haleine sent le tabac. Je le regarde complètement terrorisé. Il chuchote au dessus de mon visage.
- On a de la chance d'avoir un jeune comme toi... Tu vas être une gentille poulette et on ne te fera aucun mal... Tu verras dans quelques jours, cela te fera même du bien...
Il s'est redressé au dessus de mon visage. Je voyais bien qu'il bandait dans le noir. Une très grosse bosse sous le caleçon taché. Je tentais désespérément de leur échapper. Je savais qu'il n'y avait aucun espoir. Je les avais pourtant entendu les autres dans la nuit. Le bâillon étouffera tous mes cris de révolte, de douleur ou de peur.
Ils m'ont retourné rapidement pour me mettre à plat ventre. Une main dans mes cheveux pour plaquer mon visage contre le matelas, à la limite de l'étouffement. J'ai énormément de mal à respirer avec ce tissu mouillé dans la bouche. Ils me débarrassent brutalement de mon caleçon avant d'écarteler mes jambes en dehors du matelas. J'étais complètement à leur merci. Je comprenais à peine ce qu'ils disaient en chuchotant:
- Il a un beau petit cul tout blanc...
- Ouais ça va être un vrai plaisir...
- Ça fait une semaine que j'en ai envie de son cul de gonzesse...
- Va cherchez le savon... Faut pas l'abîmer...
Ils m'écartent brutalement les fesses, mettant ma raie à nue. Des ongles cassés me griffent la peau. Je voulais les supplier de me laisser tranquille. Je grognais dans le matelas. Je ne pouvais bouger aucune partie de mon corps. Ils emprisonnaient mes jambes, ma tête, mes bras. Quand une main m'a enduit les fesses et la raie de savon, je me suis cabré. Cela les a fait rire.
- Vas-y bouge bien ton petit cul pour échapper... C'est encore plus excitant... Savonne-lui le trou...
J'ai cru que j'allais mourir quand des doigts glissants ont forcé mon anus. Pas de douleur. La honte, uniquement la honte. Les doigts enduisaient mon tunnel. Ils allaient et venaient. Je tentais vainement de me sauver. Pour aller où? Comment? Les doigts assouplissaient ma rondelle. Je n'avais pas mal. La peur me tenaillait le ventre et je tremblais en gémissant dans mon bâillon. Quand les doigts ont quittaient ma raie, j'ai cru naïvement qu'ils allaient enfin me laisser. Mais le fumeur s'est mis à genoux entre mes jambes écartelées et quand j'ai senti ses mollets poilus contres l'intérieur de mes cuisses, j'ai cru devenir fou de désespoir.
- Tenez le bien...
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