Le mari de Claire

Chapitre 3

Claire revint le soir suivant, comme elle l'avait promis. J'avais passé la journée entière à nettoyer, laver, repasser. La maison n'avait jamais été aussi propre depuis le temps où Claire s'en occupait. Je lui avais préparé sa recette préférée de poulet au curry, avec toutes les garnitures. Je m'étais moi-même lavé et rasé méticuleusement, et j'étais surpris de me sentir ainsi à nouveau en pleine forme.

Claire rentra vers sept heures, mais elle n'était pas seule. Elle n'avait pourtant pas téléphoné pour prévenir qu'elle amenait avec elle quelqu'un à la maison. Après la scène de la veille j'avais espéré lui faire une bonne impression, afin de remonter dans son estime. Elle franchirent la porte, et je fis de mon mieux pour paraître agréablement surpris.

"Salut", dis-je en tentant de prendre un ton enthousiaste.

"Jeannette, voici mon mari, Louis. Louis, je te présente Jeannette."

Tout le monde sourit amicalement. "Jeannette va rester pour la nuit. Elle a une présentation demain, et je pensais que nous pourrions discuter de quelques points ensemble ce soir. Mmmh, ça sent bon ! J'ai une faim de loup. Sers-nous, Jeannette et moi, dans la salle à manger quand ce sera prêt. Nous prendrons un verre de vin en attendant."

Je compris ce que cela signifiait. Notre relation ne s'était pas améliorée comme par magie, et Claire semblait toujours m'en vouloir. Elles passèrent dans le salon, et je leur apportai une bouteille de vin avec deux verres. J'allai pour m'asseoir à côté de Claire, mais elle m'arrêta.

"Ne crois-tu pas que tu ferais mieux d'aller voir ce qui se passe en cuisine ? Jeannette et moi devons discuter boulot, rien qui puisse t'intéresser."

J'opinai silencieusement de la tête.

"Tu peux remplir mon verre avant d'y aller", me demanda Jeannette.

Je les appelai lorsque le dîner fut servi dans les assiettes. J'avais disposé un troisième couvert pour l'invitée.

"Les parts ne sont pas énormes, tu ne trouves pas ?", se plaignit Claire.

"Je n'avais pas prévu que nous serions trois," dis-je le plus poliment possible.

"Et pourtant tu as servi trois couverts. Bon, donne-nous ta part et va prendre un sandwich dans la cuisine."

Je fis ce que Claire m'avait ordonné et répartis ma part dans leurs deux assiettes, puis j'allai me faire un sandwich au fromage tout seul dans la cuisine. Elles m'appelèrent quand elles eurent fini, et je débarassai alors leurs couverts.

J'avais préparé un gâteau au fromage pour le dessert, et je le leur servis dans la salle à manger. Quelques minutes après elles me rejoignirent dans la cuisine.

"On va dehors au bar pour une heure. Tu ne veux rien de spécial ?"

"J'aimerais venir avec vous si c'est possible."

"Non. Tu as assez à faire ici à faire avec la vaisselle et préparer la chambre d'ami pour Jeannette. Nous ne serons pas longues." Puis elles partirent.

J'étais abasourdi. Qu'était-il en train de m'arriver ? Je nettoyai les plats et fis le lit pour Jeannette, comme Claire me l'avait demandé, et montai dans la chambre le sac de l'invitée. Pendant tout ce temps je me posai des questions sur la façon dont était en train d'évoluer notre relation, ma femme et moi.

Je regardais la télévision quand elles rentrèrent aux alentours de dix heures. J'essayai de paraître content de les voir, mais en réalité j'étais dans mes petits souliers.

"Voulez-vous une tasse de café, ou une autre boisson ?", demandai-je, mais elles déclinèrent l'offre toutes les deux.

"N'importe quoi d'autre ?", dis-je en prenant un ton obséquieux.

Jeannette alors me fixa dans les yeux : "je veux que tu te mettes à poil et à genoux devant moi ! Voilà ce que je veux, et tout de suite !"

Je ne pourrais expliquer pourquoi, mais au fond de moi je savais que cela allait arriver, et je m'attendais même à cet instant, aussi durent- elles être surprises de la facilité avec laquelle je me mis à obéir. Les deux femmes me regardèrent me déshabiller en silence, puis m'agenouiller devant elles.

"Jeannette a une relation avec son mari similaire à la nôtre. Elle le domine. La seule différence est qu'ils sont allés beaucoup plus loin que nous, et qu'ils ont des années d'avance dans ce domaine, mais ce soir nous allons rattraper un peu de notre retard. Si tu veux que l'on continue à vivre ensemble, il va falloir que tu acceptes tout ce que Jeannette te dira. Il n'y aura pas d'alternative." Puis Claire s'assit dans son fauteuil et laissa la parole à Jeannette.

J'étais agenouillé en face de Jeannette, et pour la première fois de la soirée je la regardai réellement. Elle avait quelques années de moins que Claire et moi, aux alentours de la trentaine. Elle était plutôt jolie avec ses cheveux blonds, portés un peu plus longs que ceux de Claire. Elle était vêtue d'une jupe gris foncé et d'une chemise rose. En apparence elle ne semblait pas représenter la quintessence de la dominatrice, mais c'est pourtant ce qu'elle était en réalité. Elle s'assit en face de moi.

"Ce qui t'es arrivé est malheureux pour toi. Etre licencié si jeune a dû être un pilule amère à avaler, mais dans ton malheur tu as la chance d'avoir une compagne qui peut t'entretenir. Et que tu le veuilles ou non c'est ce qu'elle fait. Mais tu sembles avoir du mal à accepter cet état de fait. Claire gagne plus que ce que tu n'as jamais eu, et elle peut sans problème prendre à sa charge votre couple avec son seul revenu. Et bien maintenant tu dois te faire à ton nouveau rôle, celui de sous-mari, le partenaire soumis dans votre couple. Vous n'êtes plus égaux ! Claire est maintenant la dominante que tu dois chérir, honorer et à qui tu dois obéir. Comprends-tu ce que je suis en train de te dire ?" J'acquiescai d'un geste de la tête.

"Il t'arrivera quelques trucs au cours de ces quelques prochains jours, que tu pourras désapprouver autant que tu veux, je m'en fous ! Tu suis la même direction que Claire, ou bien tu prends la porte. Compris ?"

J'opinai de la tête.

"Oublie toute idée de rechercher un travail. Cela n'arrivera pas. Claire veut que tu restes à la maison afin que tu puisses te consacrer à ses exigences et ses désirs, et uniquement à eux. Ses besoins sont tout ce qui doit te préoccuper. Compris ?" Encore une fois j'approuvai silencieusement.

Je regardai ma femme. Elle retourna mon regard et me fixa du haut de son fauteuil. J'inclinai la tête et écoutai Jeannette alors qu'elle continuait à me dire comment les choses allaient s'organiser.

"Je veux une liste de tout ce qui est à toi. La voiture dehors, elle est à toi ?"

J'approuvai de la tête.

"La réponse correcte est : oui Maîtresse Jeannette."

"Oui Maîtresse Jeannette."

"Pas d'actions, stock-options ou obligations ?"

"Pas à mon nom, Maîtresse Jeannette, mais nous avons un compte joint..."

"Nous le mettrons à ton nom," dit-elle à Claire.

Jeannette saisit mon pantalon et prit mon portefeuille dans la poche de derrière. Elle en retira les cartes de crédit et le chéquier. "Tu n'en n'auras plus besoin maintenant," me dit-elle. Elle prit mes clés de la poche : "tu n'en n'auras plus besoin non plus. Tu ne sortiras plus à moins que ce ne soit avec Claire, donc tu n'as plus besoin de clés. Ta vie va devenir tellement plus simple !" Elle m'adressa un sourire glacé.

"Donc je veux une liste de toutes tes possessions pour demain matin. Tout ce que tu as en commun avec Claire lui sera cédé, je préparerai les papiers officiels pour tout ça demain."

"La maison. Que fera-t-on pour la maison ?" demandai-je.

"Ai-je dit que tu pouvais parler ?"

"Non Maîtresse. Je suis désolé Maîtresse."

"Interromps-moi encore une fois et je te promets que tu pleureras de ne l'avoir jamais fait ! Bien sûr la maison. Elle sera mise au nom de Claire demain. Pas d'autres propriétés, appartements, bâteaux, chevaux de courses, rien d'autres ?"

"Non Maîtresse," dis-je en marmonnant.

"Je crois que je n'ai pas entendu ta réponse."

"Non Maîtresse Jeannette," répétai-je à voix plus haute.

"Je pense que l'on a fait le tour du sujet maintenant".

Claire se leva alors et se dirigea vers moi.

"Baise mes pieds," ordonna-t-elle. Je m'inclinai et lui embrassai ses pieds.

"Habitue-toi à cette position. Tu ne m'embrasseras plus jamais autrement. Je veux que tu enlèves toutes tes affaires de ma chambre et que tu ailles t'installer dans la chambre d'ami. Jeannette y dort cette nuit, donc tu coucheras dans le canapé du salon. Quand je rentrerai demain soir, je ne veux plus voir une seule trace de toi dans Ma chambre."

"Et puis, demain soir je veux que tu te sois épilé intégralement, qu'il n'y ait plus un seul poil sur ta peau," dit-elle, debout au-dessus de moi.

"Pourquoi ?" demandai-je.

"Parce que je t'ai dis de le faire. Si je te demandais de sauter sur place, tu le ferais jusqu'à ce que je te dise d'arrêter, et si je te disais..."

"Claire, que t'arrive-t-il ?"

"Ne m'interromps jamais quand je parle !" Elle me gifla violemment avec sa main droite, m'assommant à moitié. Le coup me fit tomber contre le bord du canapé où était assise Jeannette. Claire se rapprocha, debout au-dessus de moi.

"Règle numéro un," dit-elle, "obéis à mes ordres sans poser de questions. TU AS COMPRIS, ESPECE D'ABRUTI ?"

"Oui Claire."

"Maîtresse Claire ! A partir d'aujourd'hui tu m'appelleras Maîtresse Claire, et tu me vouvoieras !"

J'étais terrifié, elle semblait être devenue une autre femme, une furie.

"Oui Maîtresse Claire, j'ai compris," répondis-je selon ses indications, avec une peur réelle dans la voix. Elle sembla se calmer un peu et retourna dans son fauteuil.

"Je pense que cela devrait être assez pour ce soir. Il ne peut pas trop apprendre d'un seul coup. Ce n'est qu'un homme après tout," dit Jeannette.

Les deux femmes se levèrent pour quitter la pièce.

"Je veux cette liste demain matin à l'aube," me dit Jeannette. "Où est ma chambre ?" demanda-t-elle.

"Je vais te montrer," répondit Claire.

Alors qu'elles quittaient la pièce, j'osai poser une simple question.

"Supposez que je dise non, que je refuse de signer ?"

"Dans ce cas ce sera le divorce."

"Oui, mais j'aurai la moitié de la maison, je garderai ma voiture..."

"Les frais d'avocat," me coupa Jeannette, "boufferont la moitié de la maison, ta moitié, j'y veillerai. Et combien de temps crois-tu garder ta voiture sans travailler. En moins d'un an tu te retrouveras dans la rue à faire la manche. Au moins avec notre proposition tu pourras garder un toit et rester auprès de la femme que tu aimes. Tu as pensé à ça ?"

Elle se tenait devant moi, un petit bout de femme de moins d'un mètre soixante avec ses talons, chaussant peut-être du trente-six ! Je la dominais de presque trente centimètres, et je devais peut-être peser le double de son poids, mais elle m'effrayait plus que Claire, et Claire me terrifiait déjà.

Je ne réussis pas à dormir cette nuit là. Je restais allongé sur le canapé, me demandant où ma vie avait commencé à déraper, pesant les "et si" et les "si seulement", essayant de peser toutes les alternatives qui me restaient...

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