Damien en Tunisie
Chapitre 5
J'arrive sur la plage. Il n'y a personne en cette saison. Le sable est toujours aussi fin et l'eau aussi limpide qu'il y a plus de quinze ans. Je retrouve l'emplacement exact ou nous avions l'habitude de venir et revois le corps fin de Sylvie couché à même le sable, offert aux rayons d'un soleil resplendissant. Je me revois aussi à plat ventre sur ma serviette en train de repenser avec angoisse à ce qui m'était arrivé la veille. Heureusement, Sylvie ne s'était aperçue de rien et j'arrivais à jouer la comédie du type sans aucun problème.
Mais la douleur au fond de mon ventre me rappelle que nos deux amis arabes avaient abusé de moi. Abusé était-il vraiment le bon terme? Je n'avais rien fait pour leur échapper, et j'avais beau me dire que j'avais trop fumé, au fond de moi, je sentais bien que je me trouvais de fausses excuses.
Cela faisait une heure que nous étions en train de bronzer et, il était presque midi. En nous réveillant, Sylvie m'a fait quelques avances que j'ai fait semblant de ne pas comprendre. Je n'avais vraiment pas envie de faire l'amour. C'était la première fois que cela m'arrivait de lui refuser. Elle n'avait rien dit et s'était levée plutôt rapidement. Sur la plage, elle a voulu savoir comment cela s'était passé la veille.
- Très bien. Ils sont vraiment très sympa.
- Ils avaient vraiment de l'herbe?
- Oui et elle était fameuse.
- Tu en a fumé beaucoup?
- Oui ils me l'ont même offert. Ils en ont un paquet...
- C'est la même que celle qu'on trouve chez nous?
- Non... Elle est plus forte...
- Et vous avez fait quoi?
- Ben rien. J'ai fumé chez eux c'est tout.
- Eux aussi?
- Non ils ne fument pas...
- T'as de la veine. Tu aurais pu m'en amener un peu quand même.
- Impossible, ils ne veulent pas que cela sorte de chez eux.
- Tu crois qu'ils nous en re-proposeront?
- Je ne sais pas...
- En tout cas, cette fois ci je viendrais avec toi.
- Bien sûr tu m'as manqué...
Ce qui était sûr c'est que je n'étais pas prêt à retourner seul chez eux. Je me suis bien gardé de le dire.
Je sentais comme un malaise entre nous. Elle m'en voulait et je ne savais si c'était pour ce matin ou pour l'herbe. Nous n'avons plus parlé. Le soleil commençait à sérieusement chauffer. Je suis parti me baigner. L'eau de mer m'a fait mal à l'anus. Je n'arrêtais pas de penser aux événements de la veille. Je suis revenu sur le sable chaud. Je me suis assoupi. J'étais crevé.
Bien sûr ils nous ont rejoint en fin d'après midi. Quand je les ai vu, j'ai eu une peur terrible. Mais avec un aplomb superbe, ils on été absolument comme d'habitude. Au point que même moi, je commençais à me poser des questions. Bien sûr Sylvie a voulu en savoir plus sur l'herbe et sur notre soirée.
- Elle a été super.
- Oui surtout pour Damien...
- Faut dire qu'il a un peu abusé des cigarettes.
J'écoutais leurs voix chaudes et encore un rien juvéniles. Ils étaient joyeux, décontractés, sympa. On leur aurait donné le bon dieu sans confession. Pourtant c'était bien leurs sexes qui m'avaient enculé sauvagement. C'était bien eux qui m'avaient sodomisé en me traitant de salope et d'enculé.
- En tout cas les mecs, il faudrait moi aussi m'en faire profiter.
Quelques micro secondes de silence avant que Khaled ne réponde à Sylvie d'une voix doucereuse en me regardant.
- Pas de problème tu viens un jour et ont te fais le même trip qu'avec Damien.
- Vous êtes sympa les amis. Vous venez vous baigner?
- Vas-y on te rejoint dans cinq minutes.
Elle est partie en courant. Son maillot moulait parfaitement ses fesses rondes qui tanguaient au rythme de sa course. Nous l'avons regardés plonger dans l'eau.
Ils se sont couchés à plat ventre en face à moi, têtes et bustes redressés en appuis sur leurs avant-bras. J'ai pris la même pose. Je ne savais pas quoi leur dire. Leurs regards se sont perdus derrière moi. À nouveau un sentiment de peur et de honte m'a traversé. Khaled a ébauché un sourire sans desserrer les lèvres.
- Tu sais que même vu d'ici, t'as un super cul...
J'ai rougi brusquement. J'osais plus les regarder. Toujours ce sentiment de honte. J'avais peur que quelqu'un entend ou que Sylvie revienne même si la voyais entrain de nager lentement.
- Faut pas te faire de mouron. Ça restera entre nous...
- Oui, et puis, dans notre pays, c'est courant. On ne peut pas toucher aux femmes de chez nous. Alors on en profite entre nous ou avec des étrangers en saison.
- On préfèrent les étrangers...
- Et les étrangères...
- Surtout les français...
- Ouais... Ceux là, une fois qu'ils sont partis on ne les retient plus... Ils offrent leur cul à tous...
- Vous... Vous êtes complètement barges!
J'avais beaucoup de mal à parler. À les affronter aussi d'ailleurs. Ils me faisaient un peu peur. Je regardais obstinément le sable fin de couleur clair.
- Tu disais pas ça hier...
- Tu t'es laissé faire bien gentiment...
- Ouais. Tu t'es pas beaucoup battu pour défendre ton petit cul...
- Tu t'es bien laissé ouvrir la rondelle...
- T'as une très belle rondelle. Tu sais?... Bien serrée et en même temps très souple... Une vrai rondelle de fille...
- Presque une chatte... Maintenant elle est à nous...
- En plus avec ton bas-ventre rasé, tu es super trognon...
- Un mec qui se rase à cet endroit, c'est pas un vrai mec...
Mon visage me brûlait. J'avais envie de partir, mais en même temps, je ne pouvais pas bouger. C'est vrai que je ne m'étais pas beaucoup défendu la veille. Je mettais mon attitude sur le compte de l'herbe que j'avais fumée et dont j'avais largement abusé. Mais ils commençaient à me mettre un sérieux doute dans mon esprit. Je regrettais amèrement ce rasage. Sylvie est revenue. Son corps fin et bien dessiné brillait au soleil. Tout est redevenu normal avec des conversations banales entrecoupées de baignades et de fous rires.
À midi, nous avons mangé du maïs grillé que des enfants vendaient sur la plage. Ils faisaient griller les épis devant nous sur des petits braseros, avant de nous les tendre sur les feuilles qui protégeaient les épis. Je mangeais le mien en faisant semblant d'ignorer les très discrets regards assez équivoques que me lançaient Khaled et Mourad.
J'avais de plus en plus de mal à me contrôler. En plus, ils étaient entrain de draguer ouvertement ma copine. Pour me remettre les esprits en place, je suis parti nager. Je me donnais à fonds dans une brasse endiablée . Une fois arrivé à une bonne distance de la plage, j'ai fais la planche en fermant les yeux. Des flashs de la veille martelaient mon cerveau. Je sentais bien que je bandais et que mon maillot comprimait de plus en plus mon sexe. J'avais envie de me masturber. Mais il y avait trop de monde autour de moi. Je me suis remis à nager en direction de la plage. La situation me paraissait intenable et je ne voyais pas d'issue pour moi.
À mon retour, Sylvie et Khaled n'étais plus là! Mourad discutait avec le môme qui nous avait vendu les maïs. Ils me regardaient venir à leur rencontre et riaient en parlant en arabe. À la manière dont le gamin me dévisageait, j'ai tout de suite compris que Mourad lui parlait de moi. Ma voix m'a paru beaucoup trop hésitante.
- Où est Sylvie?
- Elle est partie avec Khaled.
- Où?
- Elle avait trop envie.
- Envie?
- Elle manquait de cigarettes. Elle voulait des trucs plus forts.
Il soutenait mon regard avec une espèce d'ironie narquoise. Ses yeux brillaient d'excitation. Il ne m'était pas difficile d'imaginer Sylvie seule avec Khaled dans la fameuse chambre. Pendant un court instant, j'ai voulu les rejoindre. Mais je ne sais pas pourquoi, je ne l'ai pas fait. Même aujourd'hui, il m'est difficile de reconnaître que j'avais eu peur d'affronter Khaled.
Mourad parlait toujours au jeune qui n'arrêtait pas de me dévisager en souriant. Je restais debout comme un con, le corps dégoulinant et le visage inquiet. Ils se sont levés et Mourad s'est campé face à moi, les pieds enfoncés dans le sable chaud, jusqu'aux chevilles.
- J'ai comme l'impression que ton amies va... Bien Fumer... Surtout que je suis sûr que Khaled lui plaît beaucoup... Elle a tout de suite accepté d'y aller seule avec lui... À mon avis, elle ne va pas fumer beaucoup... Rien que de les imaginer, ça me fait bander...
- Tais toi!
- Pourquoi? Ah pour lui! Ne t'inquiètes pas, il ne comprend pas le français... Il surveille la plage et s'occupe des bungalows...
lls ont repris une assez courte conversation dans leur langue. Le môme a éclaté de rire en me regardant. Il a sorti une grosse clef toute rouillée du sac où il rangeait ses épis et l'a tendue à Mourad. Puis il s'est assis au milieu de nos affaires et s'est mis à dessiner des arabesques sur le sable.
- Il va surveiller nos fringues... Viens avec moi...
- Où?
- Il veut qu'on visite un des bungalow...
Le ton moqueur qu'il employait ne laisser aucun doute sur ses intentions. Au regard appuyé que me lançait le môme, j'ai compris qu'il lui avait tout raconté. Le môme savait pourquoi je devais visiter ce bungalow. Comme je ne bougeais pas, Mourad m'a saisit par l'avant bras pour me tirer à sa remorque.
- Allez viens... On a tout le temps. Sylvie et Khaled ne reviennent pas avant deux bonnes heures... C'est ce que Khaled m'a dit. Moi je suis sûr qu'il y arrivera plus vite... Et toi, c'est ton petit cul que tu vas me montrer...
| Précédent... | Suivant... |
Contact: webmaster@soumischaste.net
