Mon mari est devenu mon domestique

Chapitre 6

Enfin, une bonne heure plus tard, ma femme vint me rejoindre pour m'annoncer que Paul, devant se rendre à un repas de famille, était parti. J'attendais ce moment depuis la veille pour demander des comptes à Martine, mais celle-ci me surprit par son attitude très agressive : c'était comme si les rôles avaient été inversés, et que c'était elle qui avait été lésée dans l'affaire ! Au lieu de s'excuser ou de chercher à me consoler, elle m'inonda de reproches avant même que je ne puisse placer un mot.

Décontenancé par cette assurance, je me sentis un peu penaud, car je venais effectivement de laisser sans réagir ma femme coucher avec son amant, sous mes yeux et sous mon toit ! Je lui expliquai qu'au début de la soirée ce petit flirt avec Paul m'avait amusé, car je pensais que cela pouvait être bon pour ma promotion, mais que j'avais vite été débordé par la situation et je n'avais plus su comment réagir. De plus, Paul était un cadre très estimé dans son entreprise, et je n'avais pas osé me montrer violent envers lui.

Plus j'avançais mes arguments, plus je voyais que ma femme était en colère et pleine de dédain envers moi, aussi essayais-je de me justifier de mon mieux, mais je sentais bien que je m'exprimais de façon confuse. Restant silencieuse, elle me laissa ainsi m'enferrer dans des explications incohérentes. Face à ce mutisme et ce mépris de plus en plus affiché, je me mis même à bégayer.

Alors que je continuais à chercher mes mots pour me justifier, elle lâcha tout d'un coup : " hé bien, jusqu'à nouvel ordre tu continueras à dormir sur le canapé, et tous les matins tu m'apporteras le petit déjeuner au lit. " Abasourdi par ce que je venais d'entendre, je ne savais comment réagir.

Elle continua : " après ton travail je te donnerai une liste de tâches qui devront toutes être effectuées avant d'aller te coucher. "

À cet instant j'aurais fait n'importe quoi pour remonter dans son estime, aussi me dis-je que si je faisais le dos rond pendant quelques temps, et que j'accédais à ses volontés, peut-être qu'ensuite elle m'accepterait de nouveau dans son lit. De plus, si je la servais bien, elle aurait probablement un intérêt à me garder auprès d'elle, alors que j'étais sûr qu'elle ne pourrait pas compter sur un type comme Paul pour être aussi docile. Elle s'en rendrait probablement vite compte, et elle verrait alors qu'il vaut mieux avoir un mari serviable comme moi qu'un amant volage. Je murmurais donc très timidement : " je ferai tout ce que tu veux. "

Elle me sourit alors, ce qui me fit chaud au cœur et me confirma dans le bien-fondé de mon attitude conciliante. Elle me dit ensuite : " maintenant tu vas faire la chambre de fond en comble. Tu changeras les draps bien sûr, tu passeras l'aspirateur dans toutes les pièces et je veux une salle de bains nickel. "

Trop heureux qu'elle semble ainsi me pardonner, je me précipitai vers la chambre pour changer les draps et refaire le lit. J'allai mettre les draps sales à laver dans la machine, puis je passai l'aspirateur, d'abord dans la chambre et ensuite dans toute la maison. À chaque fois que j'avais fini une pièce Martine venait vérifier mon travail, et elle se montrait intransigeante : la moindre poussière, et je devais recommencer la pièce entière. Elle me fit même passer la peau de chamois sur la baignoire pour qu'il n'y ait aucune trace de goutte séchée.

Même si elle me fit faire une pause vers deux heures pour que je puisse préparer le déjeuner, cette journée de ménage me parut interminable. Le soir j'étais épuisé, mais je dus faire encore un effort pour préparer le dîner puis faire la vaisselle. Malgré cette fatigue intense, j'étais heureux d'avoir remonté dans son estime, car j'étais sûr que ma bonne volonté ne l'avait pas laissée indifférente.

La semaine se passa ainsi qu'elle l'avait annoncé : quand je rentrais du travail elle m'indiquait ce que je devais faire durant la soirée. En général, cela consistait à nettoyer une pièce à fond, puis préparer le dîner, le servir et ensuite ranger et nettoyer la cuisine. Elle me donnait ensuite des petites corvées supplémentaires, que j'effectuais pendant qu'elle regardait la télé : linge à laver, repassage, cirage de ses chaussures, nettoyage des plaques de la gazinière, des poubelles, de la huche à pain, etc. En général je terminais ces soirées totalement fourbu, et je ne mettais pas longtemps à m'endormir dans le canapé.

Le matin, avant de partir au travail, je lui préparais comme elle me l'avait demandé son petit déjeuner, que j'apportais au pied de son lit sur un plateau. A la fin de la semaine, j'avais même pris l'habitude de faire certaines choses sans qu'elle n'ait besoin de me l'ordonner, comme m'occuper du linge, préparer le dîner ou faire la vaisselle. J'étais heureux de voir qu'elle semblait s'épanouir dans son rôle de femme à la maison, elle qui n'avait jamais apprécié de s'occuper des corvées domestiques.

Quand je rentrai ce vendredi soir, une semaine après cette invitation fatale de Paul à la maison, je pensais que même si j'allai probablement passer tout mon week-end à nettoyer de fond en comble la maison, j'aurais le plaisir d'avoir une femme satisfaite de mon attitude envers elle. Je vis alors qu'elle avait préparé un sac de voyage et qu'elle s'était habillée pour sortir. Je n'osais lui demander où elle pensait aller, car j'avais deviné la terrible nouvelle qu'elle m'asséna sans pitié : elle partait en week-end avec Paul. Je n'arrivais pas y croire ! J'avais espéré que l'aventure de la semaine précédente n'était qu'une passade sans lendemain, et que les choses allaient rentrer dans l'ordre.

Médusé, incapable de prononcer un mot, je l'entendis me donner ses instructions pour le ménage pendant les deux jours à venir : je l'écoutais à peine, mon cœur battant la chamade. Mais je n'osais pas faire une scène, j'avais tellement peur de la perdre définitivement, et qu'elle aille rejoindre son amant pour toujours ! Je la laissais débiter sa liste, puis, sans un mot de plus, elle me planta là, complètement perdu, sur le pas de la porte.

Je repris mes esprits quand j'entendis le moteur de sa voiture s'éloigner dans l'allée, et je réalisai tout d'un coup la situation : j'allais rester seul comme un idiot ce week-end pendant que ma femme allait s'éclater avec son amant ! Je sentais la colère monter en moi, et le fait qu'elle m'ait donné avant de partir toute une série de tâches ménagères à effectuer ne faisait qu'ajouter à ma rage.

Je me préparai à manger, puis regardai la télé, sans arriver à me changer l'esprit. Au bout d'un moment je me décidai à aller me coucher, et je ne me gênai pas pour aller dans le lit de la chambre au lieu de me contenter du canapé, pour la première fois depuis une semaine.

Après cette nuit réparatrice, je me levai le samedi matin avec un état d'esprit totalement différent. Je me rendis compte que ce qui m'effrayait le plus dans cette situation, c'était le risque de perdre définitivement Martine. Je me dis de nouveau qu'elle devrait bien finir par s'apercevoir que pour Paul elle n'était qu'une conquête de plus, alors que moi j'étais prêt à la servir comme une reine. Entre un amant de passage et un mari doux et attentionné, elle n'hésiterait probablement pas longtemps, et j'étais persuadé de la reconquérir.

Je décidai donc de profiter de ces deux jours pour briquer à fond la maison, afin qu'elle soit le plus agréablement surprise en rentrant. Malgré ma colère de la veille, j'avais retenu ce qu'elle m'avait demandé de faire, et je me mis à l'ouvrage : je passai ainsi le samedi à lessiver la moquette de la chambre, je récurai à fond la cuisine, les toilettes, la salle de bains. Je nettoyai également toutes les vitres, et quand le soir arriva, j'allai directement au lit, sans manger tellement j'étais épuisé.

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