Monica
Chapitre 10
Regard désespéré vers la salle d'eau... juste au moment où, quel soulagement, Monica reparut.
- "Ah ! Vous avez fait connaissance? Je me disais aussi que ça ne tarderait pas, avec les regards que vous lui jetiez pendant le repas," lança-t-elle d'entrée de jeu. - "Qu'est-ce que vous voulez? On est des hommes. On n'est pas insensible à la beauté de votre secrétaire," répondit celui qui s'appelait Robert.
- "Secrétaire? C'est ce qu'elles vous a raconté? Allez, Claudia chérie, t'es trop modeste, reprit-elle avec une malice évidente dans le regard. Claudia est mon amante. La plus délicieuse baiseuse que j'ai eue."
La remarque, trop crue, eut l'effet d'une douche froide. Robert balbutia quelque platitude, puis se retourna vers Dan. Échange de regards déçus. Des lesbiennes, pensèrent-ils. Quelle malchance! Mais Monica ne leur laissa guère le temps de tirer quelque conclusion. { Vous aimeriez que je vous la passe? Pour ce soir? Jusqu'à 2 heures, disons?"
- "Vous ne lui demandez pas son avis, à elle?" répondit Dan, un peu surpris de l'offre.
- "Elle est d'accord. Elle en salive depuis le début du repas. Depuis qu'elle vous a vu entrer ici qu'elle en bande. Et croyez-moi : quand elle est en chaleur, y a pas mieux qu'elle."
- "Et vous craignez pas qu'on vous l'abîme, votre petite amie?"
- "Elle adore ça ! Plus c'est cru, plus ça lui fait mal, et plus elle jouit, la petite. N'est-ce pas, Claudia chérie?"
Robert se tourna vers moi. J'étais rouge. Paralysée. "Et toi, tu dis rien?"
- "..."
- "T'aimerais ça, baiser avec nous deux?"
Encore une fois, j'ai rien dit. Mais j'ai souri, je crois. Pour sauver la face, j'imagine, parce que, pour dire vrai, j'étais totalement paniquée.
- "Et c'est quoi qui te plait? Tes... ta... spécialité?"
Pour toute réponse, je fis passer ma langue sur ma lèvre inférieure, comme j'imaginais qu'aurait pu le faire une putain professionnelle. Je me moulais si douillettement dans le rôle, convaincue que Monica trouverait bien la façon de leur révéler la surprise.
Alors, ils se mirent à parler de moi, tous les trois, comme d'un simple accessoire de plaisir. Puis Dan risqua un geste non équivoque en direction de ma cuisse révélée par la fente de la robe. Il poursuivit un peu plus loin, jusqu'entre mes deux cuisses, où je cachais encore mon sexe, enserré entre mes jambes.
Monica l'arrêta alors, au dernier instant. "Attention, les gars ! On n'a pas parlé de prix."
- "Ah ! parce que... vous la louez?"
- "Si on veut, oui."
- "Combien?"
- "Vous êtes deux? Cent dollars chacun, ça serait deux cents... Alors disons 175. Et vous pouvez lui faire tout ce que vous voulez, jusqu'à 2 heures. Ca vous va?"
- "Cent soixante quinze dollars ! Dis donc, vous la donnez pas !"
- "Écoutez-moi bien, les beaux. Elle fera tout ce que vous lui demandez. Tout. C'est pas tous les jours que ça vous tombe dessus. Aucune inhibition, la petite ! L'esclave parfaite ! Alors, le prix, c'est une aubaine que je vous fais; je vous prie de me croire."
Ils se regardèrent, puis de nouveau vers Monica : "Bon ! C'est d'accord."
- "Et puis je vous laisse la facture du resto. Profitez-en : Claudia n'a presque rien mangé." Monica se leva, pendant que les deux hommes comptaient les dollars qu'ils allaient lui laisser. Nouvelle montée d'angoisse. Elle ne leur avait rien dit. Elle allait m'abandonner ainsi, et je ne pourrais plus m'échapper dès lors qu'ils auraient payé. Je ne pus retenir un appel au secours : "Monica ! Tu vas pas me laisser comme ça?"
- "Ah tiens ! Elle est plus d'accord, la petite?"
- "Qu'est-ce qui va pas, ma Claudia. T'as peur des deux mecs?" me demanda Monica, avec un regard attendri.
- "T'as pas peur de nous, Claudia? demanda Dan, toujours la main sur ma cuisse. On te fera pas de mal, voyons !"
- "Mais c'est que... je... je..."
- "Ce que je ne vous ai pas dit, m'interrompit Monica, tout en prenant l'argent sur la table, c'est que Claudia est une transsexuelle. Et elle n'est pas encore opérée. Alors avec elle, vous avez le meilleur des deux mondes. Une femme sensuelle, avec une queue qui bande encore. Et si vous passez par dessus votre... réticence, vous apprécierez doublement ses charmes. Des mains on ne peut plus féminines, une bouche experte, des caresses sans restrictions. Vous ne trouverez pas plus cochonne en ville; ni plus docile, croyez-moi. Et en plus, elle est vierge. Personne ne l'a encore sodomisée. C'est son début ce soir. Alors, forcément, elle est propre. Alors? Le contrat tient toujours?"
Abasourdis, les deux hommes me regardèrent, incrédules. "Un homme ! C'est pas croyable !"
- "Je suis pas vraiment un homme", protestai-je maladroitement.
- "Un travelo, c'est pas mieux."
- "Mais si ! C'est mieux !"
- "Qu'est-ce que t-en dis, Dan?"
- "On essaie?" Puis, se retournant vers Monica. "Tu nous assures qu'elle est... enfin ...qu'il est vierge?"
- "ELLE... Oui, elle est vierge."
- "Cent cinquante dollars…"
Monica eu quelques secondes d'hésitation, puis leur remit vingt-cinq dollars et engouffra le reste dans sa sacoche. C'est à ce moment seulement que je compris que, au delà du jeu de rôle où elle m'avait enfermée la veille, ma séductrice venait de me "vendre" pour vrai. J'étais devenue femme-objet-esclave. Mais j'étais aussi devenue marchandise. Comme on en échange au marché. Comme ces putes qu'on rencontre, à peine vêtues, dans le froid des soirs d'hiver, et qui inspirent la pitié. Me pousserait-elle aussi bas?
"Où est-ce que je vous retrouve, à 2 heures?" demanda Monica.
Robert lui remit sa carte, avec son adresse personnelle. Ils échangèrent un sourire complice. Puis elle se retourna vers moi :
"Profites bien de ces deux hommes. Ils vont faire ton éducation, ma petite." Puis, de nouveau à leur intention : "Et vous, ne vous privez surtout pas. Claudia est la plus docile de toutes mes filles. Vous pouvez être exigeants, elle adore être humiliée !"
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