Monica

Chapitre 16

- "Voilà donc cette chose extraordinaire dont je t'ai parlé hier", lança Monica à son hôte, tout en me présentant de la main. Je fis un sourire poli, accompagné d'une très légère révérence. Mon corset ne me permettait guère une réaction plus manifeste.

- "Hum ! Pas mal ! répondit Ghyslain. Et est-ce qu'elle est prête à faire tout ce qu'on lui demande?"

- "Absolument tout !" répondit Monica.

- "Alors, ma petite, demanda l'homme, c'est quoi ton nom?"

- "Je m'appelle Claudia, monsieur."

- "Et tu fais quoi, dans la vie?"

- "Je suis l'escalve de madame Monica, monsieur."

- "Ah ! Ah ! Ah !.. J'aime ce genre de réponse. Et vas-tu accepter d'être mon esclave, pour aujourd'hui?"

- "Si c'est le désir de madame Monica", répondis-je en baissant les yeux.

Mais en fait, j'étais catastrophée. J'avais pensé que Ghyslain, comme Bob et Dan, la veille, serait un jeune homme séduisant, avec qui je poursuivrais mon fantasme avec délectation, Au contraire, je venais d'apercevoir un homme au crâne presque totalement dégarni, plutôt obèse, dans la jeune cinquantaine.

Bien que vêtu avec goût et sobriété, il me paraissant peu raffiné. Et il avait dans le regard une étincelle de concupiscence qui me fit sentir plus vulnérable encore que je ne l'avais été la veille. Et sur ses grosses lèvres mouillées de salive, il laissait parcourir une langue trop ostensiblement cochonne pour ne pas être ridicule et menaçante à la fois.

Comme s'il devinait mes pensées, il me dit de ne pas avoir peur de lui, tendit une main vers moi. Je m'approchai de lui, craintive. Il me prit les hanches entre ses mains grasses, me fit retourner avec une brusquerie telle que j'eus mal à maintenir mon plateau en équilibre.

Il tata alors mes fesses en glissant sa main sous la jupe de mon ensemble de bonniche, contourna mes cuisses, vint placer la paume de sa main sur mon pénis. Et quand il eut jugé que la "pièce de viande" était satisfaisante, il me donna congé :

"Allez ! dépose ça ici sur la table et sers-moi. Il me faut manger si je veux être en forme pour profiter d'une belle fille comme toi !"

Je fis donc le service, puis Monica signifia mon congé.

"Va-t-en Claudia. Y'a ton lit à faire, et le ménage complet de ma chambre. Tu ranges tout. Et tu reviens quand on t'appelle."

- "Bien madame."

Je sortis de la pièce, sans pouvoir m'empêcher, par je ne sais quelle perversion profonde, de balancer mes fesses comme la plus vulgaire des filles du trottoir. Pourtant, cet homme obèse, que j'entendis saliver d'anticipation derrière moi, me répugnait nettement. Pourquoi alors ce jeu de la provocation. Les prostituées doivent souvent se poser cette question.


Quinze minutes plus tard, la sonnette de la porte tinta à nouveau.

"Claudia ! Va répondre, s'il te plait !" lança Monica.

Comment ! Répondre à la porte, dans un pareil accoutrement ! Je devais bien sûr obéir, et c'est ainsi que je fis la connaissance du second "invité" de madame Monica. C'était un colosse de deux mètres, un homme à la peau noire, musclé comme un candidat au titre de Monsieur Univers.

- "C'est toi, la nouvelle conquête de Monica?" qu'il me demanda tout de go, en pénétrant dans le hall.

- "Je suis la nouvelle esclave de madame, monsieur... Qui dois-je annoncer?"

- "Moi, c'est Raoul. Raoul Alexandre. Monica m'attend, je crois bien".

J'entrai de nouveau dans le salon, suivi de Raoul. Monica tendit une main nonchalante que le colosse s'empressa de baiser cérémonieusement, en plaçant le genou au sol.

- "Et bien ! Tout le monde est là, dit Monica. As-tu déjeuné, mon petit Raoul?"

- "Oui, ma chère Monica."

- "Et tu as rencontré ma nouvelle bonne... Alors je n'ai plus à faire de présentations. Je pense que je peux vous laisser avec elle. De toute façon, rien qu'à voir vos regards, à tous les deux, je vois bien que vous en salivez. Je vous la prête donc. Vous ne lui faites pas mal, mais à part ça, je vous permet tout. C'est sûrement la fille la plus docile que j'ai domptée depuis longtemps; alors, elle ne devrait pas faire la difficile. Pas vrai, ma petite Claudia?"

- "Oui madame."

- "Mais si jamais elle vous résistait le moindrement, n'hésitez pas à m'appeler. Je me ferais un plaisir de la remettre en de meilleures... dispositions ! Vous savez tous les deux combien j'aime pratiquer le fouet", ajouta-t-elle avec un air entendu qui me fit comprendre que ces deux là y avaient déjà goûté, eux aussi.

En quittant la pièce, Monica jeta vers moi un dernier regard, d'une cruauté telle que j'en sentis mes jambes défaillir.

Précédent... Suivant...