Monica

Chapitre 20

La suite à venir..

Je n'étais pas encore entrée dans ce petit salon du rez-de-chaussée, que Monica réservait aux ébats privés de sa clientèle très spéciale. C'était une pièce plutôt sombre, aux murs recouverts de velours bourgogne. L'ameublement antique lui donnait un air de salon bourgeois de l'époque victorienne. Un aspect très "bordel de luxe" en fait.

Au centre de la pièce, un immense lit circulaire, recouvert d'un couvre- lit de satin rouge plus clair. Le long des murs, deux chaises avec des ganses de cuir aux pieds et aux bras, instruments de captivité plus que de confort.

Plus à gauche, un cheval d'arçon, équipé lui aussi de nombreuses lanières.

Juste à côté, sur le mur, une psyché reflétait mon image de femme un peu ridicule avec ce maquillage trop prononcé, aux contours abîmés par l'exercice oral qu'on venait de m'imposer.

Ghyslain ouvrit une garde-robe, et j'entrevis toute une collection de vêtements de scène, tulle et paillettes, lamés et soieries, filets et boas, plumes et crêpes de Chine. Une variété de couleurs et de style à me rendre malade d'envie.

- "T'en baves, hien, ma p'tite bo-bonne ! Allez. Enlèves ta robe que je te mette quelque chose de plus conforme aux goûts de Raoul."

Pendant que je descendais la fermeture éclair dans le dos de ma robe, Ghyslain entreprit lui aussi de se dévêtir. Mais je ne regardais pas vraiment cet homme au physique peu attirant. Ce qui me fascinait, c'était le contenu du placard, véritable caverne d'Ali Baba pour une travestie comme moi. J'étais subjuguée.

Quand Ghyslain fut nu, il prit dans la collection de fringues alignée devant lui une paire de cuissardes blanches aux talons très hauts et un cache-sexe mâle en cuir blanc lui aussi. Or, au lieu de me tendre ce string et ces bottes, je le vis avec étonnement les revêtir devant moi. Je me mis à observer avec fascination cet homme obèse, monté sur ces bottes de femmes, et dont le sexe, gonflé à nouveau, formait une saillie dans le cuir tendu au bas de son ventre. Image ridicule… et fascinante pourtant ! Il prit une longue cape de cuirette blanche, pour compléter son costume de mousquetaire désisoire et efféminé.

Puisant à nouveau dans le placard aux merveilles, il me tendit une blouse translucide d'un rouge agressif, une micro-jupe de cuir noir, des bas de nylon du même rouge que la blouse, et des sandales ouvertes rouge et noires dont les talons dépassaient tout ce que Monica m'avait fait porter jusque là.

"Tu enlèves tout, et tu ne gardes que ton corset, ma belle. Avec ça, tu deviendras une vraie pute. Regarde : rouge et noir. Les couleurs de la chair vive."

Je commençai à m'habiller, avec peine, à cause du corset trop serré qui gênait les mouvements de mon corps. À cause aussi de la main fouineuse que Ghyslain laissait courir sur mes fesses et sur mon sexe mal confiné dans sa culotte de dentelle.

"C'est dommage que t'aies cette queue ridicule, car tu ferais une belle femme, tu sais ! Et si t'étais une vraie femme au lieu d'être une tapette de fond de cour, tu serais pas obligée de te farcir des gros dégueulasses comme moi !"

Quand je fus enfin vêtue au goût de mon satyre, il me fit signe de m'asseoir sur une des deux chaises, et s'empressa de m'y emprisonner les jambes et les bras dans les ganses de cuir.

J'étais maintenant entièrement à la merci de cet homme aux mains grasses et à la tête chauve, dont l'accoutrement donnait dans le genre décadent. Image de la perversité pure, parodie à la fois de la femme et de l'homme. Il s'approcha de moi, me saisit par le cou, et me força à une longue embrassade qu'il voulait passionnée. Je sentis sa grosse langue explorer ma bouche, et cet organe me parut plus répugnant encore que le pénis qu'il m'avait offert tout à l'heure.

Mais je ne pouvais pas me défendre, et fis mine d'y prendre goût, consciente de ma situation de soumission totale. Mais la salive qu'il prenait plaisir à déverser dans ma bouche me faisait lever le cœur.

L'homme se mit alors à haleter avec force, lâcha ma bouche et mon cou, et vint planter devant mes lèvres la paroi de cuir de son slip gonflé.

"Allez ! Lèche mon sexe, putain." Je fis ce qu'il me demandait. Avec tes dents, je veux que tu baisses mon cache-sexe et que tu libères ma queue."

Je fis, un peu plus difficilement cette fois, ce qui m'était ordonné.

"Suce mes boules, maintenant; prends-les entre tes lèvres, enveloppe-les; je veux qu'elles soient bien au chaud dans ta petite bouche de salope, tu m'entends?"

- "oui, Maître, je vous entends", répondis-je rapidement en refermant aussitôt mes lèvres autour de la peau flasque de son scrotum, en fouillant avec la langue pour ramener dans ma bouche les testicules qui y étaient enfouis, puis en inspirant pour que le premier testicule vienne remplir l'ouverture de mes lèvres. Je sentis le courant d'excitation se répandre dans tous le corps de l'homme, et j'en tirai moi-même un plaisir profond.

- "O.K... C'est bon... Mon bâton, maintenant, et vite !" il retira son scrotum de ma bouche affamée et enfonça sa queue avec violence entre mes lèvres ouvertes.

Il se mit alors à se branler dans ma cavité buccale avec frénésie. Il avait déjà éjaculé, dix mimutes plus tôt. Cela lui permettait un meilleur contrôle cette fois, et j'eus l'impression que l'exercice n'allait jamais finir. Dès qu'il était sur le point de venir, il retenait quelque peu ses mouvements, compressait ses muscles, et laissait la tension baisser. Puis il recommençait son agressif manège.

Monica m'avait annoncé la veille que j'aurais mal aux joues à la fin de la journée. Je comprenais pourquoi. Et j'avoue que je ne trouvais plus ma situation très érotique. Comme s'il avait senti mon manque de concentration, il m'ordonna de regarder du côté du miroir. Ce que je vis alors me parût, de fait, plus excitant.

Dans la glace, je ne voyais l'homme obèse que de biais et de dos : une longue cape de cuir blanc, et des cuissardes de femme, hautes sur talons, une jambe repliée qui venait frotter contre la mienne. Et derrière, partiellement cachée par la cape blanche, mon image de putain, dont on devinait à peine la tête, blottie contre le sexe de cet agresseur au symbolisme sexuel ambigu. L'excitation me revint à contempler cette image de décadence et je sentis mon sexe bander à nouveau sous ma micro jupe de cuir noir.

Ainsi, quand le geyser de foutre chaud vint une seconde fois emplir mon arrière gorge, j'étais de nouveau en état de haute tension, tout à fait en phase avec celui qui, une minute auparavant, me paraissait pourtant repoussant. Ah ! mystère de la libido de l'esclave authentique.

Je pris un plaisir sublime à goûter avec délice chaque gorgée de ce liquide séminal qui descendait dans mon œsophage. Mon corps tout entier était branché aux pulsions qui secouaient le corps de cet homme, debout devant moi. Pour la deuxième fois en moins d'une demi-heure, je sentais son sperme m'enivrer, comme un transfert d'énergie, et j'avoue que j'en ressentais une impression de puissance inouïe.

J'étais l'esclave, bien sûr; j'aurais dû en être honteuse. Mais au lieu de l'humiliation, c'est la fierté qui m'habitait d'être assez excitante pour que cet homme ait pu bander si vite, et assez experte pour l'avoir conduit aussitôt à l'extase. Et ce sentiment de puissance, c'est dans mon propre pénis que je le ressentais désormais. La tension y était énorme. Je crus que j'allais éclater, et ce n'est qu'avec beaucoup de peine que je parvins à retenir ma propre éjaculation.

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