Monica
Chapitre 24
J'ouvris les yeux. Ghyslain avait enlevé son slip de
cuir, et venait de s'asseoir sur ma bouche. Je tendis de nouveau
ma langue, pour explorer l'orifice de son anus. Coincé
entre les cuisses généreuses de cet homme, je ne
pouvais respirer qu'avec peine. Mais je pris le même
plaisir à sentir le trou serré céder le
passage à la pointe de ma langue. 
Tout bourdonnait dans ma tête, mais je tirai un surplus d'énergie, comme le second souffle du coureur, dans ce contact entre les papilles de ma langue et les parois internes de l'homme qui tortillait son cul pour se mouler encore plus à mon visage. Étrange { trialogue" : le corps qui m'étouffait semblait répondre aux mouvements de ma langue, et le mien, aux mouvements réguliers du pénis de l'autre.
Quand Raoul commença à jouir, la violence de la libération entraîna notre trio comme dans une vague immense. À ma grande surprise, je connus un second orgasme, sans éjaculation celui-là (je m'étais entièrement vidée juste avant), mais un orgasme aussi total pourtant, avec des frissons qui remontaient le long de ma peau, comme des bouffées de bonheur, comme des bouffées de désir, suivies de relâchement, de pertes de conscience, jusqu'au prochain frisson. Une jouissance plus totale, même, puisqu'elle envahissait tout le corps, comme si je n'étais qu'un gigantesque clitoris, qu'un sexe de femme en transes.
Alors, dans un mouvement rapide, Ghyslain retira son cul de ma langue, se souleva à genoux, et vint placer son pénis à nouveau gonflé dans la bouche de Raoul, où il éclata à son tour, pour une troisième fois dans son cas.
Cela dura quelques secondes encore. Trois corps s'agitant en cadence. Trois corps partageant l'extase. Trois corps se nourrissant l'un de l'autre, dans un triangle vicieux. J'aurais voulu remonter ma tête, pour plonger à nouveau dans l'anus de Ghyslain, et refermer ainsi la boucle, mais sa cape de cuir blanc m'obstruait le passage, et je n'avais plus de force. À cause du corset, à cause de mes mains, toujours liées et posées sur le matelas, mais à cause de l'orgasme surtout, qui m'arrachait mes dernières énergies.
Quand tout fut fini, Raoul retira son pénis de mon rectum. Nouveau frisson de plaisir dans mes chairs épuisées. Il enleva son condom, qu'il jeta dans une corbeille, et vint placer sur mes lèvres son pénis encore trempé de sperme.
- "Faut me nettoyer ça, petite... Ça sera ta récompense pour m'avoir si bien fait jouir."
J'ouvris mes lèvres, léchai soigneusement chaque centimètre carré de son gland, en quête de la moindre gouttelette de ce filtre délicieux. Puis je léchai toute la surface de cette excroissance de peau noire qui m'avait si adorablement fait jouir. J'étais à la fois amoureuse, je crois, de cet organe exceptionnel, et reconnaissante du plaisir qu'il m'avait procuré. Alors Raoul me laissa rendre hommage à son sexe.
"Vous êtes bien tous pareils, les blancs. Hommes ou femmes, vous ne pouvez pas résister à un vrai pénis de Noir. Hien? Dis moi que t'a jamais rien vu de pareil !"
- "J'ai jamais vu de pénis pareil, monsieur", répondis-je, sans vraiment cesser de caresser l'organe avec mes lèvres.
- "Dis-moi que t'as honte de ton pénis ridicule de travestie."
- "J'ai honte de mon pénis ridicule, monsieur. C'est pour ça que je suis votre esclave."
- "Mais Ghyslain, il a un vrai pénis, lui. Et il est mon esclave quand même, reprit le Noir. Tu sais pourquoi? Parce que les Blancs, vous ne savez pas baiser. Vous êtes des Sucker. Bons rien que pour sucer des pénis de noirs, à avaler notre sperme ou à ouvrir votre cul... C'est pas vrai, ça?"
- "Oui, maître. Je veux sucer votre pénis. Je veux avaler votre sperme. Je veux vous appartenir..."
- "Et ouvrir ton cul?"
- "Et ouvrir mon cul..."
Certes, tout cet échange tenait plutôt du jeu. Repu, comblé par cette fausse femme dont il avait peut-être honte d'admirer la perversion et d'en avoir tiré jouissance, il cherchait à utiliser un langage ordurier pour me rabaisser. Une attitude qu'ont souvent les hommes après le viol, ou après avoir abusé d'une prostituée. Mais pourtant, mes réponses, elles, étaient en bonne partie sincères. À ce moment précis du moins, j'adorais ce pénis exceptionnel, et j'aurais voulu appartenir totalement à ce noir qui m'injuriait.
Il éloigna son organe de mes lèvres. Puis, ce fut au tour de Ghyslain de profiter de ma bouche. Son sperme était plus salé, mais d'une fragrance moins prononcée. Un goût moins riche. Son pénis était plus petit, tout flasque, mais je savais dorénavant qu'il ne lui fallait qu'une quinzaine de minutes pour se gonfler à nouveau. Je le léchai avec application.
Puis, les deux hommes se levèrent et quittèrent la chambre, me laissant étendue sur le lit, mains liées, passive, épuisée, mais pleinement satisfaite. Heureuse. Follement heureuse !
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