Monica
Chapitre 25
J'aurais sans doute pu me délier les mains sans trop d'efforts.
J'aurais en tout cas sûrement pu me lever. Mais on ne m'en avait pas intimé l'ordre et je n'osais faire le moindre geste sans qu'on me l'eut demandé.
Je restai donc immobile sur le lit, une bonne quinzaine de minutes, pendant que, de l'autre côté de la porte, je les entendais parler et rire tous les trois, ma maîtresse et ses deux clients. Ce fut finalement Monica qui vint me chercher.
- "Tu fais la paresseuse, Claudia? Tu t'imagines que je vais tolérer que mon esclave se prélasse dans un lit, comme ça, en plein jour? Allez, debout ! Et vite !"
- "Pardon, madame Monica... J'attendais vos ordres !"
Monica vit alors les taches de sperme sur le couvre-lit.
- "Ah saloperie !" Et, en se tournant vers moi : "c'est eux qui ont fait ça?"
J'hésitai avant de répondre, mais elle me regardait et ne pouvait manquer de voir aussi les cernes sur mes bas. Et si elle regardait l'intérieur de ma jupe ou mes culottes de dentelles, je ne pourrais nier l'évidence. Alors je préférai avouer :
"J'ai bien peur que ça ne soit moi, madame Monica. Eux, ils ont éjaculé dans ma bouche et dans mon... mon derrière... Y a pas une goutte que j'aie laissé coulée. Mais ils m'ont fait venir. J'ai pas pu me retenir", lui dis-je en me levant.
Scchhhllaaac ! Sa main frappa avec tant de force contre ma joue gauche que je perdis l'équilibre et tombai avec violence contre le sol.
"Petite salope ! T'ai-je pas dit hier qu'il fallait que tu apprennes à te retenir. Ta petite queue de dégénérée, si t'es pas capable de la maîtriser, on va te l'enfermer dans un anneau tellement serré que pas un liquide ne va passer. J'ai des outils de torture atroce, pour les obsédées comme toi. Quand je te l'aurai arrangée comme il faut, tu vas voir que tu trouveras bien le moyen de ne plus jamais bander. Parce que si tu bandes, ma petite cochonne, ça va te faire tellement mal que tu vas regretter d'être née avec cette quéquette ridicule, et tu vas me supplier à genoux de ta couper, tellement t'en pourra plus de souffrir."
Je ne savais pas ce que je devais répondre. J'étais terrifiée. Sa colère n'était pas feinte. Devais-je approuver, ou même réclamer le châtiment dont elle me menaçait, pour lui prouver mon appartenance? Et si elle interprétait cela comme de la suffisance? Devais-je au contraire l'implorer de m'accorder son pardon. Mais m'avait-elle accordé la parole? Je choisis de me taire.
Elle me regardait de haut, avec un air de défi. Derrière elle, Raoul et Ghyslain venaient d'entrer dans la pièce. Ça ne calma pas la colère de Monica. Elle me donna un brusque coup de botte dans les côtes:
"On t'a coupé la langue, ver de terre?"
- "Non, madame Monica. Mais j'ai honte de vous avoir déçue. Je ne sais pas quoi vous dire. Je... Je ne sais pas... Je n'aime pas vous voir en colère. j'ai peur. Je voudrais vous demander pardon... Je mérite une punition... Mais j'ai peur... Je ne sais pas quoi vous dire."
- "Ca va ! Tais toi. Lèves-toi maintenant, va vite nettoyer tes vêtements de salope, changer de bas, te refaire une beauté et reviens me voir dans le salon. Je vais placer ton pénis ridicule dans un petit harnais de torture dont tu me donneras des nouvelles, et je vais le faire devant ces deux là pour qu'ils voient quel traitement je réserve à mes esclaves qui n'arrivent pas à contrôler leur tuyauterie. Ensuite, tu nous serviras le goûter et le champagne que Ghyslain a apporté et tu viendras te joindre à nous."
"Quand au couvre-lit, amène le dans la salle de lavage. Mais je te préviens, ce soir, après le départ de ces deux là, tu vas devoir tout nettoyer, et tu n'échapperas pas à mon fouet."
Je me levai avec hâte; j'eus peine à retrouver mon équilibre avec ces souliers excessifs qui n'étaient absolument pas conçus pour la marche. Je fis une courte révérence : "Bien, madame Monica. Je vous remercie." Et je sortis.
J'avais mal à la joue gauche. je sentais encore une brûlure entre mes fesses. J'avais un peu mal aux côtes, à cause de ma chute et du coup de pied. Mais j'avais surtout mal à mon amour-propre. Non pas à cause de l'humiliation; c'était au contraire excitant. Mais je me sentais tellement incompétente.
Ca doit être ça, le sentiment des femmes battues. Plus on les engueule, plus elles se disent qu'elles sont connes, plus elles ont honte, et plus elles sont reconnaissantes envers l'homme qui, malgré cette incompétence, continue pourtant de les aimer après les avoir battues.
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