Monica
Chapitre 29
Derrière moi, Raoul leva ma jupe. J'entendis un très bref sifflement, comme une tige souple qui fend l'air, et je ressentis un terrible déchirement de part et d'autres de mes fesses. Je venais de recevoir un premier coup de cravache sur le fessier, et le noir avait de nouveau le bras levé, prêt à m'administrer une seconde correction. En une fraction de seconde, j'étais à genoux, bouche grande ouverte.
"L'as-tu entendue me dire merci, Ghyslain?"
- "Non ! J'ai rien entendu, moi..."
- "Merci, maître !" m'empressai-je de balbutier, avant que le géant noir me frappe à nouveau.
- "Aaahh ! Voilà qui est mieux. Mais à l'avenir, ma fille, faudra pas qu'on ait à te le demander. Sinon, c'est deux coups de plus !"
- "Oui maître."
- "Maintenant, donnes ta bouche à mon ami Ghyslain. Il a un peu de champagne pour toi.
J'ouvris grand la bouche, et Ghyslain y introduisit son vit bandé. Plus par réflexe que consciemment, je refermai mes lèvres et commençai à caresser la hampe de son organe qui semblait pulser de plaisir sous les mouvements de ma langue.
Alors, le jet d'urine me prit par surprise. Un liquide chaud,
salé, au goût acide prononcé, vint, avec une
forte pression, s'engouffrer au fond de mon palais. Je faillis
étouffer et Ghyslain, attentif tout de même aux
difficultés de son esclave, interrompit aussitôt le
torrent. Je repris péniblement mon souffle. Ghyslain
libéra à nouveau ses sphincters. Un jet plus doux
cette fois, qui me permit de tout avaler au fur et à
mesure. 
En fait, comme le fluide passait directement de l'organe de l'obèse à ma gorge ouverte, je n'en sentais pas l'odeur, et le goûtais à peine, de telle sorte que le supplice me parut plus supportable que l'avant- veille, lorsque j'avais dû boire au verre le champagne de ma maîtresse. J'y trouvai même quelque excitation perverse, de me trouver ainsi rabaissé au rang d'une simple pissotière pour cet homme sans charme, pendant que l'autre, ce noir au corps magnifique, s'amusait à jouer en douceur de sa main de géant sur mes fesses encore chaudes. N'être qu'un objet de plaisir. Appartenir à l'autre. Totalement, sans volonté propre, sans réserve aucune. Être utilisé à son gré, même pour les choses les plus abjectes, et y prendre plaisir ! Obéir et oublier le reste.
Un malaise me tira rapidement de cette douce rêverie. Le jet d'urine continuait à couler contre mon palais, et j'avais de plus en plus de peine à en suivre le rythme. Entre les gorgées, je n'arrivais plus à reprendre mon souffle. Combien de temps sa vessie allait-elle ainsi se vider? Et puis il y avait mon corset trop serré, qui comprimait mon estomac et rendait difficile mes efforts pour avaler. Je commençai à perdre le souffle et ne pus refreiner un faible toussotement. Des gouttes d'urine giclèrent sur le slip de cuir de l'homme dont j'étais devenu le pot de chambre.
- "Merde !" lança Ghyslain, furieux, en cessant d'uriner et en retirant son pénis aussitôt. "On t'a jamais dit, petite pute, que le liquide de ton maître, c'est précieux? Chaque goutte que tu perds, c'est un coup de fouet sur tes miches. T'as compris?"
- "Oui maître", répondis-je, à la fois soumise et craintive. Mais en fait, j'étais honteuse. Et toujours pour la même raison : je me sentais, une fois de plus, incompétente, et m'en faisais le reproche. Quelle émotion bête, quand j'y pense ! On me traitait comme la pire des ordures, on me pissait dessus et, au lieu de me révolter, tout ce que je trouvais à me dire c'est que je ne savais pas faire adéquatement ce qu'on me demandait, que je n'étais pas une bonne esclave, que je ne valais même pas l'attention méprisante de mes maîtres, que Monica me gronderait.
Alors j'ouvris la bouche à nouveau, vers le sexe de Ghyslain, bien décidée cette fois à tout avaler. Il recommença à uriner, d'un jet plus faible, que j'avalai sans peine, un peu plus fière de moi déjà.
Quand il se fut complètement vidé, il me demanda de lécher les gouttes d'urine qui perlaient sur son string de cuir et autour de son pubis. Je le fis avec application. Puis il se retira.
- "As-tu envie, Raoul? C'est à ton tour."
Je me retournai avec angoisse vers le sexe de l'autre. Ce n'était plus parce que l'odeur et le goût du fluide doré me paraissaient répugnants; je m'y étais somme toute habituée pendant cette longue absorption forcée du contenu de la vessie de Ghyslain. Mais c'était le corset qui serrait mes entrailles, et refoulait vers le haut le contenu de mon estomac. J'avais des crampes au milieu du ventre et je sentais qu'au premier moment, je risquais de tout restituer. Comment allais-je pouvoir avaler une goutte de plus?
Je me rappelai que, dans les livres d'histoire, on raconte que les femmes de l'époque victorienne, qu'on forçait de la sorte dans des corsets de torture, pour leur donner taille de guêpe, vomissait souvent les repas qu'elles parvenaient à peine à entamer. Je paniquai devant la possibilité que cela se produise ici, devant ces deux hommes que je devais servir.
- "Non ! Je préfère rester bandé encore un peu. Ca m'excite", répondit le noir, en déclinant l'offre de m'utiliser à son tour comme urinoir.
Ouf ! Je ne pus réprimer un sourire, et quand le noir s'assit au bord du lit, quand il tendit son pénis vers moi, c'est avec un bonheur réel que je recommençai à envelopper de mes lèvres, de ma langue, puis de mes joues entières ce membre démesuré, aux veines proéminentes, dont chaque pulsion me procurait un début de jouissance, comme si mon âme s'était branchée directement sur ce mat vivant; comme si avec ma bouche, c'est mon propre sexe que je caressais avec amour.
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