Monica

Chapitre 30

Je commençai lentement, puis de plus en plus vite, à glisser mes lèvres sur cette masse de chair. Je n'arrivais pas à en avaler plus du quart, je crois. Mais à chaque mouvement, l'homme poussait un peu plus loin, ses mains contre ma nuque et je sentais la tige de vie, de taille toujours croissante, s'enfoncer de plus en plus contre ma luette.

Malaise au début : la gorge, par réflexe, cherchait à repousser l'envahisseur. Il fallait que je lutte contre mes propres réactions, en me concentrant sur une possible détente de ces muscles internes aux contractions involontaires. Effort de respiration lente par le nez. Effort pour trouver des mouvements de l'arrière gorge qui puissent neutraliser le réflexe de déglutition.

Je fis le geste d'avaler et je sentis soudain quelque chose se relâcher, comme si mon arrière palais s'ouvrait brusquement. J'aspirai rapidement de l'air par mes narines ouvertes, mais tous les conduits se bouchèrent alors, au moment où je sentis le gland du géant noir s'enfoncer au plus creux, jusque dans mon œsophage. Une fraction de seconde, j'ai pensé au film "Deep Throat" et me suis dit que je venais de réussir la performance la plus totale qu'on puisse attendre de la fellation.

Mais une fraction de seconde encore et ce fut la panique. Je n'avais plus le moindre accès à l'air libre. Ce gland gigantesque était coincé dans ma gorge et sa taille démesurée bouchait même les parois de mon nez. J'essayai de recracher, mais c'était impossible. Toute mon arrière bouche était paralysée, ainsi empalée sur le sexe du noir dominateur.

Je commençai à me débattre, furieusement. J'entendis le noir appeler l'autre à l'aide, sans pouvoir comprendre, tant mes oreilles bourdonnaient. Puis je sentis des bras m'enserrer avec force. Les mains de Raoul serraient de plus en plus fort contre ma nuque. Je fus complètement immobilisée. Quinze secondes. Vingt. Trente peut-être, sans pouvoir respirer. J'eus le temps de penser que j'étais en train de mourir, victime impuissante de deux sadiques; qu'ils allaient jouir dans mon corps, tout absorbés à leur propre plaisir érotique, et me laisseraient choir, morte d'asphyxie.

Tous mes muscles se relâchèrent. j'allais perdre conscience, faute d'air ou faute de volonté de vivre, lorsque je sentis, mais à peine, au fond de ma gorge, l'organe coincé s'agiter. Raoul éjaculait en saccades, directement dans mon œsophage, son sexe planté au cœur de mes viscères.

Il y eut un bruit de succion puis, comme un vortex formidable, je sentis l'air s'engouffrer à nouveau dans mes poumons. Combien de temps avait duré mon supplice? Avais-je perdu conscience? Où n'étais-je demeurée qu'une minute ou deux, en tout, dans cette léthargie impuissante?

En tout cas, à la première bouffée d'air, je sentis la vie se répandre dans mes veines. Mais l'air ne suivait pas, à cause de l'étau qui enserrait encore mes poumons. J'haletais en souffles courts, comme une chienne en chaleur, mais le sang n'arrivait pas à se purifier vraiment dans mes alvéoles comprimées. Tout bourdonnait dans ma tête et je ne voyais plus les couleurs. Mais J'étais sauvée, pourtant ! C'est tout ce qui comptait pour moi.

Le sexe de Raoul, encore gros mais déjà moins rigide se retira de la gorge, et je goûtai sur ma langue les derniers écoulements de son sperme. Je sentis alors, mais cela m'avait totalement échappé jusque là, que l'autre pénis s'agitait dans mon cul. Il m'avait sans doute pénétré au pire moment de ma détresse et, tout absorbé par ma mort que je croyais imminente, par cette totale incapacité de respirer, je n'avais rien senti.

J'avais les larmes aux yeux. J'avais atrocement mal à la gorge. Mais j'essayai tout de même de me concentrer sur le vit de chair qui labourait mes parois intestinales, qui massait ma prostate, qui échauffait par son va-et-vient constant la rosette de muqueuse, si délicieusement excitable, de ma petite chatte culière.

Alors, je me sentis soudain la plus heureuse des femmes. Une douce sensation de plénitude. J'étais vivante alors que j'avais senti la mort de si près. J'étais possédée, excitée, comblée, caressée, entièrement prise. Je sentais vibrer toutes mes parois intérieures, parcourues par un étrange courant électrique.

Comment expliquer un changement aussi brusque? Simplement que cette porte arrière que Ghyslain venait de forcer une fois de plus, cet orifice culier encore vierge deux jours plus tôt, c'était, j'en prenais conscience désormais, la zone la plus excitable de mon corps. En ce moment même, un tel courant de jouissance me parcourait l'épiderme, que j'en perdais toute mémoire de la violence atroce qu'on m'avait fait subir.

Je sentis, sous la couche de latex de mes prothèses mammaires, mes mamelons se durcir. Je regrettai de n'avoir que de petits seins d'homme, de taille dérisoire. Quelle jouissance ça serait de pouvoir sentir sur des seins plantureux la caresse virile d'un amant à qui je pourrais m'abandonner corps et âme, tous orifices ouverts, afin qu'il me prenne de partout à la fois ! Oui !

Un jour j'allais demander à Monica de me fournir des hormones, pour avoir un vrai corps de femme, de vrais seins. Pour me sentir encore plus femme. Pour me sentir encore plus excitable. Et plus soumise encore aux clients qui paieraient pour abuser de mon corps.

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