Monica
Chapitre 33
Quand Ghyslain et Raoul furent partis, je n'eus même pas le bénéfice d'une relâche, nécessaire pourtant, tant j'étais épuisée. Mais Monica aussi se sentait fatiguée. Elle avait reçu deux clients en après-midi, deux hommes ayant sollicité ses talents de dominatrice, et elle avait besoin, pour récupérer, des soins attentifs de sa nouvelle esclave personnelle.
"Il faut maintenant que tu me prouves que tu peux te rendre utile autrement que comme un cul ouvert à tous, ma petite ! Viens me donner un bain. Viens me déshabiller, me laver, me caresser... Et tâches d'être douce. Je suis morte !"
Elle était habillée dans un étrange attirail de cuir noir : à partir d'un cache-sexe décoré de rivets métalliques, des lanières parcouraient son ventre et sa poitrine, en encadrant ses seins dénudés. Elle portait aussi un collier de cuir, des bottes à talons aiguilles, des gants couvrant la totalité du bras, et une casquette. Menaçante amazone, image typique des filles sadiques qu'on voit dans les magazines spécialisés. Vision presque caricaturale. Elle ne ressemblait guère à la Monica, si délicieusement ambiguë que j'avais connue deux jours plus tôt.
"Ca, ma petite Claudia, c'est, comme qui dirait, mon costume de travail. Mes clients d'aujourd'hui, ils ne sont pas du genre subtils. Pas beaucoup d'imagination érotique. Pour jouir, il leur faut une maîtresse qui ait l'air menaçante, qui les insulte et qui leur donne de bonnes sessions de fouet."
Elle continua le récit de ses ébats "professionnels" tout en m'attirant vers sa chambre à coucher. Je la suivis avec peine, toujours juchée sur mes chaussures impossibles, emprisonnée dans mon corset de plus en plus intolérable, avec ce sexe encapsulé qui pendait sous ma jupe de soubrette. J'étais étourdie, malade. Mais il me fallait tenir dignement mon rôle devant Monica. Je l'écoutais en essayant d'oublier ma fatigue, ma douleur.
"Remarque bien, poursuivit-elle, que l'avantage avec ces hommes-là, c'est que ce sont des impuissants qui ne demandent pas à te foutre leur queue dans le vagin pour jouir. J'ai qu'à jouer mon rôle de tortionnaire et ils éjaculent comme des porcs. C'est mon système, maintenant : mes clients qui veulent user de leur foutre, ce sont des petites esclaves comme toi que je leur fournis. Des petites putes qui demandent que ça. Des petits culs qui aiment être défoncés. Des petites bouches suceuses qui font pas les difficiles. Des petites bouches qui prennent tout ce qu'on leur donne : des queues, des chattes, de la pisse, de la merde... Hein? N'importe quoi qui vous fasse jouir, n'est- ce pas, Claudia chérie?"
- "Oui, madame."
Ce qu'elle venait de dire était horrible. Et pourtant, je savais que c'était vrai. J'allais accepter n'importe quoi dans ma bouche, dans mon cul. N'importe quoi, si elle me le demandait. Comme si j'avais perdu toute réserve, et tout respect envers moi-même. Elle me traitait d'ordure, de salope, de putain insatiable et je sentais en moi monter le désir d'être tout ça et pire encore.
- "Alors moi, je ne garde que les autres clients, les amants platoniques, ceux qui sont moins exigeants, ceux qui baisent dans la tête, pas dans les couilles. C'est bien moins éreintant comme ça ! Mais n'empêche que de passer une journée dans ce cuir, à faire tourner le fouet à gauche et à droite, ça finit par me donner chaud. Alors, ma petite Claudia, voici ce que tu vas faire : tu vas m'enlever tout cet attirail de clown, je vais m'étendre sur mon lit et tu vas me masser doucement avec une éponge savonneuse et un peu de crème parfumée."
Elle me tendit une éponge, du savon, une petite bassine d'eau tiède et un flacon d'huile légère à l'odeur fascinante. Je déposai le tout sur sa table de chevet et l'aidai à enlever ses lanières de cuir. Je m'agenouillai devant elle pour lui retirer ses bottes et ses gants, ce qui me permit de voir de près son corps parfaitement nu. Je me dis que c'était bien la plus belle des femmes ! Comme j'aurais aimé avoir un corps pareil ! Des seins aussi parfaits ! Hélas ! J'étais née avec ce corps d'homme, si rustre, dont j'avais maintenant si honte.
Malgré tous les efforts de cette divine maîtresse, mon corps demeurait en effet celui d'une travestie un peu ridicule aux allures de putain de bas étage, vulgaire parodie de l'autre sexe. Oh ! Monica ! Sauras-tu un jour faire de moi une femme digne de rester en ta présence? Aurais-je un jour des seins aussi magnifiques que les tiens, une peau douce comme la tienne?
Quand elle fut étendue sur le ventre, je pris l'éponge pour laver doucement son dos, avant de la masser avec un peu d'huile parfumée. Elle se retourna ensuite et je fis de même sur son ventre. Puis je rafraîchis ses jambes, ses aisselles et ses bras.
"Merci Claudia. Ça va mieux. Maintenant j'ai un peu faim. Va dans la cuisine, me chercher quelques fruits. Et tu reviendras ici t'agenouiller devant moi."
Je me relevai, péniblement encore. Je n'avais presque rien mangé depuis le matin, si ce n'est que les deux ou trois bouchées avalées péniblement le midi, arrosées d'urine, et bien sûr les nombreuses rasades du foutre de mes deux tortionnaires. Encore heureux que le sperme soit, somme toute, une matière très nourrissante ! Mais ce qui m'affaiblissait, surtout, c'étaient les entraves. Je ne savais pas combien de temps j'allais pouvoir endurer le supplice.
Et combien de temps Monica comptait me garder ainsi à son service avant de libérer mon corps de ses multiples prisons. La marche vers la cuisine et le retour nécessitèrent un effort surhumain. Et quand je voulus m'agenouiller devant Monica; je perdis presque l'équilibre. Je fondis en larmes, une fois encore.
| Précédent... | Suivant... |
Contact: webmaster@soumischaste.net
