Histoire de la famille Mouriau

Chapitre 1

Je m'appelle Claude Moriau. Belge, je suis né en 1961 dans une riche famille bourgeoise. Avec mes parents, nous vivions à Uccle dans une grande villa cossue de la banlieue bruxelloise.

D'après ce qu'on m'a dit, mon père, Michel Moriau, avait hérité d'une fortune confortable et son activité d'agent immobilier n'avait jamais été qu'une façade qui masquait mal son peu d'attirance pour les activités professionnelles.

Mon père a disparu soudainement il y a quelques années. Ce n'est que plus tard que j'ai appris ce qui s'était véritablement passé. J'y reviendrai.

A l'époque, j'avais onze ans. Ma mère, Christine, ne m'avait curieusement pas semblé fort affectée par cette soudaine et mystérieuse disparition de son mari.

Elle avait engagé quelques année auparavant un jeune couple de domestiques italiens. Gabrielle et Mario étaient de beaux jeunes siciliens dans la force de l'âge et ma mère avait rapidement succombé aux avances de Mario sans que cela ne semble poser un quelconque problème à sa compagne.

Je comprendrai également plus tard les raisons de cette complaisance.

Ma mère vit aujourd'hui avec Mario dans son appartement de Cannes et je n'ai plus aucunes nouvelles d'elle sauf par ce que Gabrielle veut bien parfois m'en raconter.

Gabrielle est une ravissante jeune femme d'une trentaine d'années. Grande, cheveux châtains, des yeux bruns perçants, une superbe poitrine arrogante, très élégante et surtout très autoritaire. Gabrielle gère aujourd'hui absolument tout ce qui se passe chez nous.

Après la disparition de mon père et le départ de ma mère, Gabrielle s'est d'ailleurs installée dans l'appartement de mes parents. Elle se conduit très exactement chez nous comme si elle était chez elle. C'est elle la maîtresse de maison et elle ne se prive pas de le faire savoir.

Les disparitions successives de mon père et ma mère ont été pénibles au début mais j'ai bien fini par devoir m'en accommoder.

Dès mon entrée dans le secondaire, j'ai d'ailleurs été envoyé en pension dans un internat de province et je ne rentrais à la maison que deux week-ends par mois et pour les vacances scolaires.

Gabrielle surveillait mes bulletins comme toutes mes activités. C'est donc très naturellement à elle que je m'adressais pour tous les problèmes de la vie courante.

Gabrielle remplaçait mes parents. Elle décidait de tout pour moi.

Je devais avoir presque seize ans et je me souviens surtout d'un retour à la maison après une visite médicale obligatoire au collège.

J'avais une sainte horreur de ces visites médicales durant lesquelles tous les élèves convoqués chez le médecin étaient obligés d'attendre leur tour à l'infirmerie, en file et tout nus.

Aux vestiaires, avant et après le cours de gymnastique ou aux deux douches hebdomadaires, il y avait encore plus ou moins moyen de se soustraire aux regards inquisiteurs des internes de ma classe qui comparaient leurs pilosités et leurs virilités naissantes à celles de leurs camarades.

Quelle humiliation pour moi de devoir exhiber un visage imberbe, un sexe de bébé et un corps lisse d'enfant sous les regards condescendants de ces adolescents qui se rasaient déjà tous et qui affichaient fièrement des jeunes sexes poilus et vigoureux.

Après cette visite médicale, Françoise Dumont, l'infirmière du collège, m'avait convoqué pour me remettre une enveloppe fermée contenant, disait-elle, un 'important' rapport médical à soumettre à mes parents.

Elle avait bien insisté sur l'urgence de cet envoi car le médecin attendait une réponse de mes parents pour la semaine suivante. J'ai donc tout naturellement remis cette enveloppe à Gabrielle lors de mon retour du week-end suivant.

Confortablement allongée dans le grand canapé du salon, Gabrielle avait longuement pris connaissance du rapport pendant que j'attendais, assis en face d'elle en la regardant distraitement.

J'ignorais tout du contenu de ce rapport mais j'imaginais bien qu'il était important vu l'insistance de l'infirmière.

Suivant...