Histoire de la famille Mouriau

Chapitre 27

Honteuse, j'ai replié la lettre pour la remettre pensivement dans son enveloppe.

Les deux femmes me regardaient toujours fixement. J'avais l'impression qu'elles avaient lu la lettre avec moi.

Elles ont dû remarquer mon désarroi car la plus âgée m'a souri gentiment.

- Vous avez les cheveux bien longs pour un garçon, on dirait une fille... cela ne vous dérange pas...

Ouf... ce n'était que mes cheveux.

- Non, Madame... c'est à la mode... j'aime bien les cheveux longs.

- C'est vrai qu'ils vous vont bien...

Elle m'a souri.

- Les bas nylons vous vont aussi très bien...

Rouge tomate, j'ai senti le sol disparaître sous mes pieds... je n'ai rien pu répondre.

Elle a continué.

- Vous devriez faire attention en vous asseyant, jeune homme... votre pantalon remonte et découvre vos bas nylons... avec vos cheveux de fille, vous aimez peut-être porter aussi de la lingerie de femme... c'est très à la mode...

Elles se sont regardées en riant ouvertement de ma confusion...

A mon grand soulagement, le train entrait en gare de Bruxelles. Sans répondre, découverte, j'ai pu m'enfuir du compartiment.


Maître Joseph m'attendait dans la BMW à la sortie de la gare pour me conduire à la maison.

Il semblait de mauvaise humeur. Je me suis assise à côté de lui en lâchant un timide...

- Bonjour, Maître Joseph.

Il n'a même pas répondu. La berline s'est glissée en souplesse dans le trafic dense de Bruxelles. Il a longtemps conduit silencieusement avant de m'adresser la parole.

- Madame et Marie tiennent de véritables conseils de guerre à ton sujet... tu vas déguster ma fille... leur dernière trouvaille... il paraît que tu as tes règles... on ne peut pas te toucher jusqu'à mercredi... je ne te touche pas mais, par contre, tu vas retirer ta gabardine et ton veston... montre-moi tes gros nichons...

- Ici dans la voiture... mais tout le monde va les voir... Maître Joseph...

- Fais ce que je te dis, Claudine, aussi non tu sais ce qui t'attend... mon fouet c'est autre chose que les caresses d'un martinet... grouille-toi...

Terrorisée, j'ai retiré la gabardine et le veston. Tout en coonduisant, il a déboutonné ma chemise pour plonger sa main câleuse dans mon soutien-gorge.

A l'arrêt devant un feu rouge, il malaxait ce sein qu'il avait sorti de son bonnet sous le regard effaré d'une jeune conductrice qui s'était arrêtée à côté de nous. Il a regardé cette femme tout en lui montrant qu'il sortait l'autre sein de son bonnet.

- Souris à la dame pendant qu'elle regarde tes grosses doudounes...

J'ai souri brièvement avant de détourner le regard. Je ne savais plus où me mettre. Heureusement le feu est passé au vert et nous sommes repartis.

J'ai remarqué que nous n'allions pas dans la direction de la maison. La voiture s'est garée rue du Midi devant un magasin d'articles d'hygiène.

- Tu vas remettre ton veston pour aller faire quelques achats. Madame veut que tu lui ramènes trois culottes périodiques en taille 44, trois culottes d'incontinence dans la même taille, des couche-culottes Tena Pants Super, une dizaine de serviettes hygiéniques lavables. Elle veut les serviettes les plus épaisses... les plus absorbantes...

Joseph m'a tendu une feuille de papier sur laquelle j'ai immédiatement reconnu l'écriture de Gabrielle.

- Voilà, tout est marqué là... surtout n'oublie rien... voilà 200 Euros...

Précédent... Suivant...