Histoire de la famille Mouriau

Chapitre 32

Michel Mouriau

Pendant que Claudine se prépare pour le dîner d'affaires de Gabrielle, revenons en arrière pour découvrir ce qui s'était passé quelques années auparavant avec ses parents.

Mariés bourgeoisement en avril 1949, riches héritiers de leurs parents, Christine et Michel Mouriau vivaient luxueusement, confortablement installés dans une propriété cossue de Rhode-St-Genèse, la banlieue chic de Bruxelles.

La grosse villa familiale était entourée d'un parc de plusieurs hectares clôturés comprenant écuries, annexes, conciergerie à l'entrée et une drève majestueuse, bordée d'arbres centenaires, pour accéder à l'habitation principale.

Claude était né de cette union en 1950...

Christine avait imméduatement confié l'enfant à une servante italienne pour se consacrer à ses occupations favorites... coiffeur, esthéticienne, shopping, tennis, ski, voyages, amies, sorties mondaines... bref la vie agitée d'une bourgeoise riche qui ne se refuse rien... pas même quelques flirts... voire un amant occasionnel pour compenser l'indifférence de son mari.

Michel, de son côté, jouait les hommes d'affaires chez Maximo, sa petite agence immobilière, qui n'était finalement qu'un alibi pratique pour s'éclipser et faire ce dont il avait envie.

Le couple faisait chambre à part sous le prétexte habituel que Monsieur ronflait la nuit.

Bref, les Mouriau étaient un couple moderne... chacun mène sa vie comme bon lui semble, librement, avec toutes les apparences d'une bonne entente réciproque.

Les conventions sociales étaient sauves dans ce monde bourgeois dont ils faisaient indiscutablement partie.

Toujours épuisée à force de ne rien faire, Christine avait décidé d'engager un couple supplémentaire de domestiques pour prendre soin de la maison durant ses absences.

Madame adorait le climat de la Côte d'Azur. Elle y séjournait de plus en plus régulièrement, surtout de plus en plus longtemps. Elle s'était même offert un splendide penthouse en front de mer, sur la Croisette à Cannes.

Michel acceptait sans discuter les absences et les lubies de son épouse pour autant qu'elle le laisse en paix.

C'est donc à cette époque que sont apparus Gabrielle et Mario, un couple de jeunes siciliens, beaux, intelligents et... libertins. Ils ont rapidement compris le parti qu'ils pouvaient tirer de la situation comme les avantages qu'ils pouvaient en espérer.

Pour jouer sûr et découvrir les petits secrets de leurs patrons, Gabrielle avait demandé à Mario d'installer des minuscules caméras cachées et des micros dans les appartements, les salles de bains et le salon des Mouriau.

Grâce à ce stratagème ingénieux, les deux domestiques n'ont pas été longs à comprendre les faiblesses secrètes et la vulnérabilité du couple.

Le soir, confortablement allongés dans leur chambre devant un écran de télévision, Gabrielle et Mario dégustaient un programme assez particulier... les gracieux déshabillages de Madame... ses adorables lingeries fines de La Perla, ses délicieuses chemises de nuit en soie naturelle et... oh, la vilaine...la petite armoire fermée à clef dans la salle de bains pour dissimuler quelques objets très tendance, capables de calmer ses ardeurs sexuelles.

Les deux amants se régalaient de voir leur patronne, étendue sur son lit, une main glissée entre les cuisses pour se caresser à travers la fine culotte de dentelles, tirer les pointes de ses gros seins, avant de se tordre et gémir de plaisir sous l'action furieuse d'un gode dans sa fente soigneusement épilée.

- Finalement toutes ces bourgeoises avec leurs grands airs, elles adorent cela... tu vas te régaler, mon Mario...

- Elle ne t'arrive pas à la cheville, ma chérie... et on va devoir se séparer...

- Ecoute, Mario, il faut choisir dans la vie... moi j'ai choisi... la belle vie et le fric d'abord... pour le reste on pourra toujours se voir de temps en temps...

Calmée, Christine s'était maintenant endormie.

Gabrielle a activé le switch vers les caméras installées dans l'appartement de Michel... le spectacle valait le détour...

Surprise pour Gabrielle et Mario de voir Michel se déshabiller dans sa chambre... apparaître en bas nylons, porte-jarretelles et... oh, ce n'est pas vrai... les lingeries de Gabrielle... la culotte et le soutien-gorge qu'elle avait déposés elle-même deux jours plus tôt dans son panier à linge sale.

- Le cochon... regarde moi cela... ma culotte et mon soutien-gorge... c'est dégoûtant... ah, mon salaud... on te tient... avait vociféré Gabrielle.

Gabrielle et Mario avaient alors établi le plan de bataille qui devait faire basculer la vie des Mouriau. Il s'agissait en clair de prendre le contrôle total de leurs patrons, de les domestiquer, de les séparer et de les remplacer. On allait inverser les rôles.

Gabrielle comptait séduire puis soumettre Michel. Pour arriver à ses fins elle profiterait de la complicité du personnel de la villa et des employés de l'agence. Ce n'était qu'une question d'argent. Elle leur promettrait de solides avantages financiers et tout s'arrangerait facilement.

Quand à Christine, c'est Mario qui devrait la séduire en douceur, avec le consentement de Gabrielle. On profiterait de son bel appartement de Cannes pour l'éloigner de Bruxelles et la séparer définitivement de son mari.

Diviser pour régner, c'est connu... Gabrielle était trop intelligente que pour l'ignorer.

Les avantages de la future situation compenseraient largement les inconvénients de leur séparation, une séparation pleine de promesses sonnantes et trébuchantes.

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