L'Effet Papillon

Chapitre 12

Elodie a insisté pour que je sois habillé en fille pour l'accompagner faire les boutiques avec elle. C'était une sorte d'entraînement comme elle aimait me le répéter, et puis pour essayer des vêtements du sexe faible, il valait mieux que j'ai l'air d'y appartenir.

Ma panoplie pour cette excursion se différenciait légèrement de celle de ma première sortie. Même si Elodie s'en défendait, elle m'avait choisi des vêtements nettement plus féminins.

Je portais un pantalon noir assez large mais qui s'arrêtait à la moitié de mes mollets, laissant apparaître très nettement mes chevilles. Pour l'occasion, j'avais mis un collant opaque et à nouveau ces bottes qui m'avaient assassiné les pieds. Pour la partie haute, un chemisier très sage dépassant d'un pull bien trop moulant avait pour effet de bien mettre en valeur ma fausse poitrine. Une petite veste noire toute simple et une pointe de maquillage finissaient d'achever mon apparence de jeune fille réservée mais finalement assez sexy.

Je n'ai jamais été un adepte du shopping, mais tout compte fait cette journée à faire les boutiques entre «filles» était loin d'être désagréable. Je n'avais pas énormément de choses à acheter, deux tenues maximum suffiraient pour l'excursion transalpine, mais il fallut de longues heures d'essayage pour y arriver.

Nous avons commencé par la lingerie, bien sur. Maintenant qu'Elodie savait que les petites culottes et les strings étaient devenus une habitude chez moi, c'était de loin la partie qui m'intéressait le plus. Mais cette fois, en lieu et place de culottes, c'était les soutiens gorge qui allaient avec que je devais m'acheter.. Mon premier choix fut classique: un soutien gorge bustier en dentelle blanche orné d'un petit nœud rouge entre les deux bonnets. Le second fut plus chaud: un wonderbra tirant sur le rouge qui mettrait mes fausses formes bien en évidence. D'après Elodie, c'était un vêtement d'allumeuse, mais au moins Franck ne s'en remettrait pas.

Elle insistât pour que j'achète aussi des collants, un couleur chair et un noir. Je fis en revanche de la résistance pour des bas autofixants. Il y avait un pas que je n'avais pas envie de franchir.

La seconde phase de notre journée shopping fut moins évidente. Se choisir une tenue ou un pantalon, c'était aussi l'essayer devant tout le monde. Ma première idée, me trouver un jean s'avéra assez mauvaise. Autant il était facile de duper les gens avec de la fausse poitrine, autant je manquais de hanches pour tenter un pantalon trop moulant. Finalement, je me rabattis sur un pantalon marine dans le style de celui que je portais: assez large et droit et s'arrêtant juste au-dessus de mes chevilles. Porté avec une tunique beige, le résultat était des plus convaincants.

Je pris également un pull en V de couleur blanche, une veste mi-longue en faux cuir et deux tee shirts tout ce qu'il y a de plus féminins

Par jeu, Elodie insista pour me faire essayer une robe, par ailleurs assez courte. Elle a bien insisté un quart d'heure, menaçant de me planter au milieu d'une cabine d'essayage si je ne cédais pas. Elle trouva finalement l'argument ultime pour me faire céder. Profitant de l'affluence dans la boutique et dans les cabines d'essayage en particulier, elle chuchota à voix basse «T'es mignonne pour un garçon, montre comment tu porte bien tes petites culottes à tes voisines.»

Elle répéta la phrase une demi-douzaine de fois, montant peu à peu le volume de sa voix. Avant qu'elle n'ait alerté toutes les autres cabines, je dus me résigner à faire ce qu'elle voulait. C'était ça ou la honte de ma vie.

Elodie me tendit l'un des collants que j'avais acheté précédemment. Je n'ai jamais eu une pilosité très prononcée, en particulier au niveau des jambes. Mais les quelques poils présents risquaient de me démasquer. Le fait est que cette petite robe m'allait comme un gant. Etroite en haut, plus évasée sur le bas, j'ai appris plus tard que c'était une robe trapèze. Je n'avais pas l'impression d'être particulièrement sexy ou «aguicheuse» mais certains courants d'airs inhabituels me rappelaient la nouveauté de cette tenue. Avec les bottes j'avais comme l'air très féminin, prête à aller draguer ces messieurs.

«Tu es magnifique! Tu es né pour porter ce genre de robe! Remplace le collant opaque par quelque chose de plus clair comme des résilles et tu vas tous les rendre dingues!»

J'étais partagé entre la gène et une certaine forme de fierté. Elodie voulut me faire essayer d'autres tenues, des robes et des jupes bien sur. Heureusement, la journée était bien avancée et nous avons du rentrer. En déballant mes affaires, je vis qu'elle avait discrètement ajouté la petite robe à mes colis. Sans doute l'avait-elle payé pendant que je me rhabillais en cabine. Je lui fis part de ma découverte mais elle me répondit que c'était un cadeau. Une jeune fille se doit d'avoir une petite robe, c'est obligatoire.

J'eus beau lui rappeler que je n'étais pas une jeune fille, elle pouffa de rire.

«En tout cas, à Rome tu en seras une.»

Le soir venu, Franck nous a rejoint. Visiblement il était épaté par ma transformation. Pour lui, j'étais suffisamment «jolie» pour être sa copine pendant son périple transalpin. Vanessa irait donc à Rome.

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