L'Effet Papillon

Chapitre 8

Le week-end suivant vient rapidement, et avec lui une certaine appréhension.

Saurais-je encore comment m'y prendre avec Elodie, avec une fille, pour maintenir l'illusion ?

J'avais revêtu mes dernières affaires « d'hétéro », celles que je portais le soir où l'incendie s'était déclaré dans mon ancien appartement. Je ne les avais pas remises depuis ce soir là.

C'était bizarre. D'un coté, elles me replaçaient dans une certaine normalité, de l'autre ce n'était plus tout à fait moi.

C'était trop ample, trop mec. Franck n'aimerait pas me voir ainsi.

Je retrouvais Elodie à la gare. J'avais presque oublié à quel point cette fille pouvait être belle.

Ce jour-là, elle a bien failli créer une émeute, tant elle était sexy. A force de se retourner sur son passage, tous les mâles en attente de leur train ne cessaient de se bousculer ou de se prendre les pieds dans les valises et sacs qui reposaient sur le sol.

Elle avait choisi une mini jupe archi courte à taille basse et un chemisier moulant qui lui donnaient une silhouette de déesse. Un long manteau clair et des bottes à talons finissaient de lui donner un look à mi-chemin entre le top model et la prostituée de luxe.

Elle était sexy au possible, provocante, mais avait une telle classe naturelle qu'elle échappait à la vulgarité.

En m'affichant avec une fille comme ça, j'allais faire mon petit effet une fois en famille. La partie s'annonçait gagnée d'avance.

J'ai vite déchanté une fois dans le train. Elodie était archi sexy dessus, elle l'était aussi dessous.

Elle portait un string en dentelle rouge, le genre de sous-vêtements immanquable avec une jupe taille basse. A chaque fois qu'elle pliait un peu le dos, il était visible, aux yeux de tous. Cela risquait de déplaire fortement à mes parents. Passe encore la fille très sexy, mais avec des culottes indignes, ça ne collerait pas.

J'en fis part à Elodie avec le plus de diplomatie possible. Je la complimentais sur sa beauté, son élégance, son coté sexy qui me faisait avoir des regrets. Mais pour le string, je craignais l'incident.

« Ha oui, mince je n'y avais pas pensé. Mais je ne vois pas ce que je peux faire, c'est que je n'ai emmené que ce type de sous-vêtements ».

Effectivement, pour nos deux jours, elle n'avait à sa disposition que des strings et des vêtements taille basse. Je commençais à manquer d'options ».

« Attends moi là, j'ai peut-être une idée ».

Elle se leva et partit dans les toilettes du train. Elle revint quelques minutes plus tard.

« C'est mieux là non ? »

Pour être mieux, c'était mieux. En lieu et place d'un bout de ficelle, c'est le haut de la raie de ses fesses qui était maintenant visible. Et pour peu qu'on se penche légèrement, il était manifeste qu'elle ne portait pas de culotte ».

« Euh, je ne suis pas sur. C'est même encore pire ».

« Je ne vois pas comment faire...ou alors...non c'est idiot. Tu vas trouver ça stupide ».

« Si tu as une solution, n'hésites pas, on a pas trop le choix. »

« Que portes-tu en sous-vêtements ? »

« Hein ? Et bien, j'ai un slip en lycra..enfin normal »

« Je pourrais te l'emprunter. Ce serait mieux. »

« je suppose, mais moi je porte quoi après ? »

« On échange, sous ton pantalon ça ne se verra pas »

« Mais je peux pas porter un string, un string de fille ! »

« J'en porte bien moi. Et puis ce sera notre secret. Si c'est moi qui le porte, t'es foutu, tu n'as pas trop les moyens de faire autrement ».

Elle sortit son string de son sac et me le glissa dans la main.

« Tiens, je suis sur que cela t'ira mieux qu'à moi ! » me dit-elle en se me glissant un sourire moqueur.

C'était à mon tour d'aller visiter les toilettes du train.

L'exiguïté de l'endroit fut loin d'être pratique pour me glisser dans l'étroit bout de ficelle d'Elodie. C'était la première fois que je portais un string. J'avais l'impression de ne pas porter grand chose en fait. La ficelle me rentrait dans les fesses, et mon sexe trouva à peine la place de se loger dans l'étroit triangle de tissu du devant. Je pris bien la peine de rentrer mon tee shirt dans mon pantalon. Il ne faudrait pas qu'une flexion révèle mes dessous. La sensation était bizarre. Pas forcément inconfortable, mais bizarre. En fait l'inconfort venait surtout de l'impression que tout le monde saurait ce que je portais.

Je regagnais ma place d'une démarche hésitante, faisant connaissance avec des frottements assez inhabituels au niveau de mon postérieur. Elodie retourna aussi se changer. C'était beaucoup mieux. Je réalisais à ce moment que mon slip n'était finalement pas si différent d'une culotte de fille. L'illusion était parfaite.

Il faudrait néanmoins que l'on trouve un moment dans le week-end pour aller faire quelques emplettes, car sinon j'étais condamné à porter des sous-vêtements féminins pendant deux jours. Le même problème se poserait immanquablement le lendemain.

Finalement, mis à part ces préoccupations sur les sous-vêtements, le week-end se déroula à merveille. Elodie joua les petites amies amoureuse de façon si convaincante qu'elle plut énormément à mes parents. Je crois même avoir impressionné mon père en lui ramenant une fille aussi belle qu'intelligente. Elle nous inventa des loisirs, des sorties, des anecdotes pour satisfaire la curiosité de mes géniteurs. Bien sur elle ne se priva pas de faire quelques petites notes d'humour à mon intention sur mon goût vestimentaire, mon coté macho ou ma tendance à reluquer toutes les filles à proximité. Je me fis au port du string. Il restait la gène mentale, mais c'était finalement pas si inconfortable. Par contre, impossible de fausser compagnie à ma mère pour aller renouveler nos dessous. L'échange dura donc les deux jours.

Bien sur, pour maintenir l'illusion jusqu'au bout, Elo et moi avons partagé la même chambre. Elle me complimenta sur mon port du string, allant même jusqu'à prétendre que ça m'allait encore mieux qu'à elle. Nous eûmes aussi une conversation plus générale sur la vie, l'amour et le sexe. Une conversation bizarre, je ne m'adressais plus vraiment à mon ex, mais à une confidente, ou plutôt une copine. Je me retrouvais à parler de mecs avec une fille, presque d'égale à égale.

Elle me parla de Franck. Elle savait qu'il m'aimait intensément, qu'il voulait construire quelque chose de sérieux avec moi. Mon traitement de Princesse n'était pas prêt de se terminer. Cependant elle me mit en garde : c'était quelqu'un de possessif, et il ne supporterait pas que je puisse un jour le trahir. Si je ne me sentais pas capable d'assumer, d'aller de l'avant avec lui, il fallait que je lui dise rapidement.

J'ai gambergé toute la nuit. Autant le fait d'être avec un homme commençait à entrer dans ma petite tête, autant je n'avais jamais projeté ça sur l'avenir. Pourrais-je vivre avec lui, vieillir avec lui ? Le présenter à mes amis, à ma famille. Pas évident, cela risquait de se compliquer.

Ces interrogations me travaillaient encore sur le chemin du retour. Elles s'envolèrent en quelques secondes quand j'aperçus mon homme sur le quai. Il était venu me chercher. J'en étais sur maintenant que je l'aimais.

Autant vous dire que la nuit qui suivit mon retour à Paris fut torride. Mais mon absence de quelques jours et le fait qu'il m'avait manqué ne furent pas les seuls moteurs à notre excitation.

Perdu dans mes pensées et dans ma joie du retour, j'avais complètement oublié que je portais un string ultra sexy sous mon pantalon. Franck fut très surpris lorsqu'il me déshabilla.

Surpris, mais enchanté. La vue de mes fesses délicatement séparées par ce minuscule bout de fil et de tissu ne fit que renforcer son désir pour moi. Il me prit comme jamais, se contentant d'écarter le fil du string pour enfoncer son sexe en moi.

« Tu es fait pour porter ce genre de choses. Il faudra recommencer ! »

Dont acte. Dans les semaines qui suivirent, Franck me fit des cadeaux, et pas n'importe lesquels. Aux vêtements très typés de ma garde robe vinrent s'ajouter des strings et des tangas tout ce qu'il y a de plus féminins. Il m'offrit même un ensemble complet, avec son soutien gorge et son porte jarretelles, prétextant qu'ils étaient vendus en un seul lot et qu'il n'avait pu résister à la forme particulière du string, qui m'irait certainement à merveille.

Je me contentais de porter les strings, et c'était déjà beaucoup. C'était indécent, c'étaient des trucs de filles mais ça lui faisait tellement plaisir.

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