Speed Dating

Chapitre 3

Sur le trottoir sombre, Alexandre prend la main de Justine et lui déclare sa flamme avec tellement de fougue que Justine en toute émue. C’en est presque un monologue de projets divers et multiples comme un jeune couple qui se forme. Un peu gênée, elle tente avec précaution de le modérer dans ses sentiments mais il ne saisit plus rien sur son nuage blanc. Aux pieds des escaliers, Justine, qui n’est pas arrivée à déceler la cage de chasteté à travers le pantalon d’Alexandre, se serre contre l’amoureux et plaque sa main entre les jambes masculines pour vérifier qu’il ne lui a pas menti. L’objet dur qu’elle y découvre la grise soudain, ses doutes se transforment en certitudes, elle a bien rencontré un homme soumis et il s’offre à elle sur un plateau. Ce contact érotique si soudain enflamme Alexandre, les lèvres se rapprochent, un doux baiser est échangé. Un tsunami d’émotions le submerge alors, non ce n’est pas un rêve, elle l’a bien embrassé en palpant son sexe encagé.

Au 10 de la rue des Anciens combattants deux flutes de champagne leur sont encore nécessaires pour parvenir à franchir le pas. Après avoir resservi Justine, Alexandre l’abandonne un instant pour aller chercher des menottes et une cordelette, souvenirs douloureux de son passé de soumis amoureux.

- Que dois-je faire mon cœur pour te prouver mon courage et que mes propos au restaurent sont bien le reflet de mes intentions ? Demande Alexandre en se lovant contre sa jeune et belle princesse d’amour.

- Ressers-moi du champagne et retire tes vêtements lentement comme si tu me faisais un striptease que je puisse voir ce que tu caches sous ton pantalon.

L’expression « C’est aux pieds du lit que l’on voit l’homme au pied du mur » prend soudain tout son sens pour Alexandre ! Bien décidé à ne pas décevoir celle qui va à ses yeux devenir sa nouvelle maîtresse d’amour, il s’exécute sans réelle grâce mais avec la lenteur demandée et des mimiques ayant pour objectif de masquer sa gêne. Son cœur bât la chamade, ses tempes bourdonnent, il a chaud, ses pommettes sont rouges de confusion mais il s’effeuille face à Justine qui se trémousse sur le canapé en sentant une certaine moiteur s’installer dans son entrejambe. La gêne d’Alexandre et la situation lui retournent littéralement les sens. Elle est prise par un festival d’émotions contraires, avec l’impression d’être dans un délire total qu’elle aimerait fuir et à la fois elle veut vivre ce délire si émoustillant qu’elle ne parvient pas à comprendre tant une révolution sensorielle la submerge et l’incite à continuer.

Retirer son pantalon devant une fille vêtue et assise dans son canapé est une étape délicate pour Alexandre mais le sourire un peu figé de Justine troublée le galvanise dans l’action. Mu par un réflexe bien inutile dans la situation présente, il se retourne pour descendre son caleçon en offrant ses fesses au regard féminin devenu très curieux et gourmand. Lentement, aussi nu qu’un ver et ne sachant que faire de ses mains, il fait face à Justine pour offrir au regard féminin avide, son intimité encagé. Horrible gêne ! Le temps semble soudain s’arrêter. Tous deux figés dans leur position, ils se sondent du regard, un peu comme s’ils s’appelaient à l’aide mutuellement. Particulièrement troublée par cette situation, Justine rompt soudain le silence et demande du champagne, Alexandre s’agenouille prestement pour saisir la bouteille et la servir, échappatoire salutaire pour sortir de l’impasse dans laquelle il se trouvait et lui permettant de se rapprocher de sa maîtresse. Lorsqu’il lui tend la flute, leurs regards se croisent, les yeux brillant du feu du désir entament un dialogue silencieux. Ceux de Justine expriment à la fois un étonnement respectueux face au courage d’Alexandre et une envie soudaine de tendresse. Ceux d’Alexandre l’amour et la crainte que les choses en restent là. Mus par une attirance magnétique, leurs visages s’approchent l’un de l’autre, l’appel des lèvres est si fort que le baiser enflammé s’annonce comme incontournable quand soudain, l’instant magique de l’amour est rompu par la sonnerie du téléphone portable de Justine. Les copines un peu inquiètes et surtout très curieuses viennent aux nouvelles. « Ca va ? On vient ? » Indique le texto. Prise à son propre piège, Justine répond les trois mots suivants : oui et oui.

A partir de cet instant, Justine reprend le contrôle de la situation qui commençait à lui échapper et demande à Alexandre de se coucher sur le dos à même la table du salon et de mettre ses poignets sous la table afin qu’elle lui passe les menottes. L’idée lui est venue comme ça, sans même qu’elle ne réfléchisse. Cet ordre surprend Alexandre mais il ne fait rien pour se soustraire à cette demande aussi soudaine que surprenante pour le débit de parole de Justine. Le contact froid du plateau de bois inconfortable sur lequel il s’étend lui donne la chair de poule, il frémit à la vue des menottes qu’elle saisit et entreprend de lui passer aux poignets sous la table comme si elle était pressée. Alexandre commence à redouter cet assujettissement à cette femme à peine connue pour laquelle il a tant fantasmé. Un petit quelque chose semble lui échapper, un peu comme si le voyant d’une alarme se mettait à clignoter dans son subconscient.

Le toucher, la toucher, voir de près comment c’est fait une cage de chasteté, cela fait des heures que Justine en meurs d’envie. La vue de cette verge compressée et emprisonnée dans son tube de plastique la trouble. Elle touche, palpe étire pour voir si un homme sous cage de chasteté peut se libérer ou tricher et découvre que sous cage, l’homme peut avoir une érection mais que celle-ci étire les testicules. Allongé sur la table du salon, Alexandre gémit de plaisir, la palpation et la douceur des doigts de Justine sur son épiderme intime, le font littéralement grimper aux rideaux. Il se plait à rêver qu’elle le pince en le chevauchant pour un « face setting » endiablé.

- Cela ne te fait pas mal ? Demande Justine.

- Non, pas vraiment, au plus fort de l’érection, cela tire un peu trop sur mes testicules, mais comme la traction est progressive et que l’excitation est forte, cela reste très supportable.

- Avec ça, tu ne peux plus tromper ta femme et encore moins te branler, gros cochon.

- Et non, mais cette dépendance de l’être aimé est délicieuse. Lui offrir ainsi la gestion de sa sexualité génère des émotions sublimes pour ne pas dire divines. Tu vois, là, je ne rêve pas de te sauter mais d’avoir le droit de te câliner et de te lutiner. Répond Alexandre en essayant de l’attirer vers lui de ses jambes encore libres.

- Tu joues le poète amoureux mais tes jambes désirent bien autre chose cochon ! Lui répond Justine en saisissant sur le canapé la cordelette qu’elle enroule autour des chevilles encore libres avant de faire un solide double nœud.

Assise à même le sol, la tête posée sur la cuisse d’Alexandre, elle suit du doigt une ligne imaginaire sur le corps qui lui est offert. Les contractions de la verge générées par cet attouchement devenant très intime pour ne pas dire ciblée, l’émeuvent au plus haut point. Pour un peu, elle le libèrerait pour s’empaler sur se sexe gorgé de désir mais elle n’ose pas franchir le pas et puis, les copines ne devraient pas tarder à débarquer. Discrètement, sa main s’insinue sous sa robe et caresse son mont de Vénus à travers un délicat string de dentelles noires. Ce contact tactile l’électrise littéralement et la perturbe, jamais elle n’aurait imaginé être aussi excitée par cette situation hors du commun.

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