Speed Dating

Chapitre 4

- Et bien dit-donc, vous me faites des choses toi et ton truc ! Murmure Justine en se rapprochant du visage d’Alexandre rouge écarlate.

- Je suis maintenant ta chose mon amour, use et abuse à ta convenance !

Justine se relève puis enjambe la table et Alexandre pour s’assoir sur ses cuisses. Le contact chaud des jambes masculines l’enflamme à lui en faire tourner la tête. Presque sans s’en rendre compte, elle glisse légèrement sur le côté pour provoquer un contact charnel d’une de ses cuisses musclées avec son intimité brulante. N’y tenant plus, comme aspirée par ce corps qui lui est offert, elle se penche pour embrasser et mordiller le ventre plat qui se contracte au grès de ses mouvements. Au plus Alexandre tire sur ses liens en suffoquant de plaisir, au plus Justine découvre et savoure les émotions de ce jeu de contraintes d’un corps masculin. Toutes ses nouvelles sensations très grisantes la titillent, serait-elle une dominatrice ? Serait-elle pendant des années passée à côté de ces plaisirs dont elle a entendu parler et qu’elle croyait débiles ou perverses ? Ce qu’Alexandre avec cette soirée lui permet de découvrir est si original et si fort à la fois qu’elle en est émue au plus profond d’elle-même. Mue par une envie de plus de contact physique, elle remonte sa robe et prend place sur le ventre d’Alexandre. Ce corps masculin entravé sous elle engendre un raz-de-marée d’émotions, d’envies, de … De quoi ? Elle ne saurait le dire, mais jamais jusqu’à présent, elle n’avait éprouvé cela. Si entreprenante d’habitude, elle n’ose le toucher que du bout des doigts avant de lui faire quelques chatouilles qui génèrent des mouvements plaisant sous elle. Une confusion indicible l’envahit, les yeux fermés, elle se mord la lèvre inférieure en se frottant à lui maintenant sans aucune gêne. Alexandre ne cesse d’exalter des gémissements de bonheur tant son excitation est démesurée, le duo des corps s’installe progressivement, le magnétisme de l’instant magique pousse Justine à se reculer sur Alexandre et à se pencher sur lui. Elle happe les lèvres frémissantes qu’elle force de la pointe de la langue en saisissant la tête et les cheveux masculins qu’elle pétrie des doigts. C'est la première fois qu’un homme génère en elle un désir si animal.

La sonnette les surprend et castre littéralement le jeu et les désirs. Justine se lève d’un bond, Alexandre l’interroge du regard quand il la voit arranger sa robe puis il se liquéfie en la voyant aller ouvrir la porte de son appartement. Pris de panique, il tire en vain sur ses menottes quand il aperçoit deux inconnues pénétrer dans son appartement. Il déglutit avec peine et supplie Justine de le libérer avec un énorme et horrible sentiment dévastateur de se sentir définitivement impuissant et piégé.

De son côté, Justine appréhende quand même l’inconnu dans lequel elle a la vedette ce soir. Si au début de la soirée elle était très excitée par cette nouvelle expérience puis par le piège qu’elle montait, les émotions intimes ressenties au contact d’Alexandre à sa merci l’ont monstrueusement troublée et émue. Elle regrette aussitôt ce piège débile pour elle-même puis pour Alexandre. Les larmes qu’elle voit couler des ses yeux lui serrent le cœur, elle est soudain submergée de honte. Laurie, la plus jeune des deux femmes, s’est assise sur le canapé et rigole comme une débile en attrapant de la main le sexe masculin encagé qu’elle agite et tourne dans tous les sens sous les suppliques larmoyantes d’Alexandre. Ses commentaires sur Alexandre et ses attributs sont graveleux et méchants, elle ne cesse de rire et de dire « ça je ne l’aurai jamais cru, c’est kifant ». Martine, âgée d’au moins 50 ans, est plus nuancée, peut-être à t’elle saisie le malaise et la gêne de Justine. Lorsqu’il écoute horrifié les commentaires des filles, Alexandre sait qu’il s’est fait piéger, qu’elles se sont moquées de lui et pire encore, que son rêve d’amour s’envole pour faire place à un horrible cauchemar. « Avec ça sur la queue, il ne pouvait pas te faire bien mal, est-ce qu’il t’a bien léchée ? Tu es trop forte, on ne t’aurait jamais cru si on ne l’avait pas vu…….. »

- J’ai cru en toi, Justine, mes mots d’amour étaient sincères, pourquoi m’as-tu fait ça ? Tu es ignoble.

Incapable de répondre, le ventre noué et la gorge sèche, Justine ne sait plus comment se sortir, les sortir de ce piège qu’elle trouve maintenant totalement débile et lamentable. Elle s’approche les yeux embués par des larmes de honte et ne sait que faire ou que dire pour se faire pardonner. D’un doigt se voulant doux et consolateur elle caresse la joue d’Alexandre mais il fuit son contact en détournant la tête. Martine les observe et mesure l’ampleur de la déchéance et du drame vécu par le pauvre homme entravé nu sur cette table.

- Ne nous en veut pas, on a été un peu connes sur ce coup là. C’est nous qui l’avons poussée à faire ça. Dit-elle en s’approchant de lui. Qu’est-ce qu’on fait les filles maintenant ? On ne peut pas le laisser comme ça, il faut le libérer et lui remonter le moral ?

- T’es conne ou quoi ? On le libère et il nous casse la gueule ? Crie Laurie.

- Salope, tu ne veux quand même pas qu’on le laisse ce pauvre mec comme ça ! Lui répond Martine.

- Laissez-nous, partez, je vais le libérer, c’est de ma faute, c’est à moi de me démerder. Dit Justine en caressant la tête d’Alexandre.

- Ouai, c’est ça, et s’il te massacrait et te violait, dès que tu l’auras libéré !

- Non, ce n’est pas son genre, c’est un tendre ! Attendez-moi en bas, je vais me démerder et puis, je crois que j’ai quelques excuses à lui faire !

A force de négociations, les copines peu rassurées acceptent de l’attendre en bas et de les laisser seuls. A peine sont-elles sur le palier que Justine se confond en excuses en libérant les jambes d’Alexandre. Dès qu’elle a libéré ses poignets, elle l’enlace et l’embrasse en le serrant contre elle sans aucune peur puis le berce comme un enfant malheureux. Devant l’avalanche d’excuses et cette soudaine tendresse, la colère d’Alexandre s’apaise un peu. Comme vidé de toute énergie, il pleure et se blottit dans ses bras sans qu’un mot ne puisse sortir de sa bouche.

- Laisse-moi rester encore un peu avec toi.

Il fait signe que non de la tête en se levant pour aller chercher un peignoir mais Justine ne se sent pas de partir ainsi comme une voleuse. Elle prend son portable et appelle les filles pour les rassurer et les informer qu’elle va rester encore un peu. Lorsqu’il revient au salon, Alexandre lui fait signe de partir et lui demande les clés de sa cage de chasteté. Elle attrape alors son sac à main, le fouille et les lui tend terriblement gênée.

- Tu n’es qu’une salope ! Dit Alexandre en les attrapant.

- Non, simplement une grosse conne qui se déteste et regrette de t’avoir fait ça.

Ils sont face à face, quand soudain, prise d’un besoin de l’étreindre, elle l’enlace et se serre contre lui en s’excusant encore. Attirant son visage vers le sien, elle dépose juste un petit baiser sur ses lèvres puis un autre plus appuyé avant de parcourir de baisers audacieux son visage puis de l’embrasser avec plus de fougue. Alexandre se laisse faire un instant avant de réagir. Leur baiser fougueux se prolonge, les langues complices jouent et s'entrelacent comme des serpents. Les mains s’enhardissent peu à peu pour partir à la conquête des corps qui se lovent et finissent dans le canapé dans un duel d’une grande sensualité.

- Et si nous retirions ta cage de chasteté ? Murmure Justine entre deux râles essoufflés.

- Oh oui, je meurs d’envie de toi.

- Oui mais, j’aimerai que tu la remettes après et tu me donnes les clés quand je m’en vais.

- Si tu ne parts que demain matin.

- Je ne l’entendais pas autrement.

FIN

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