Université d'été

Chapitre 1: chaleur torride

Août 2009 : une chaleur écrasante brunit les plaines du bord de Méditerranée alors que je franchis un double portail vert… Une fois parqué, je sors de ma voiture bien climatisée. Première claque, la chaleur : ça commence bien ! Les instructions des Maîtres étaient : passer le portail, le refermer, enfiler une cagoule aveugle et de me menotter. Me voilà, debout, à attendre la suite des événements. Un vent chaud, des pas feutrés approchent, une main ferme m'attrape au collet et je me retrouve entraîné dans un lieu où des chaînes finissent par entraver mes pieds après que mon short soit tombé. Mon " kidnappeur " s'éloigne. Mais suis-je seul ? Une pensée me traverse l'esprit : chris, dans quoi t'es-tu fourré ? Un frisson de crainte me traverse la moelle épinière. Comment en étais-je arrivé là ? Retour dans ma mémoire : plusieurs mails échangés avec un couple de Domis, un rendez-vous fixé…

Mes Maîtres ont visiblement décidé de me laisser mariner dans tous les sens du terme. De nouveaux pas. Une douce voix me dit " bonjour ". Je salue Madame en lui rendant la politesse puis elle me sort de ce lieu surchauffé pour me conduire dans le jardin, à l'ombre d'un arbre… un noyer me dit-elle. Rapidement, un tour de chaine est cadenassé autour. Assis sur le sol, les mains toujours menottées dans le dos, j'apprécie la relative fraîcheur de ce feuillu. Les menottes en métal agressent mes poignets. Madame et Monsieur m'abandonnent là, mais je sens qu'ils ne sont pas loin et que je suis surveillé. Madame me propose de boire, ce que j'accepte avec reconnaissance, mais au lieu du traditionnel verre de pastis, un biberon d'eau est glissé sous ma cagoule. Je bois l'eau avec bonheur. Nouvel abandon. Je me lève dès le départ des Maîtres et je commence à explorer mon environnement immédiat, dans les limites de ce que mes entraves permettent. Par moment, une voix crie : " attention, là, tu vas écraser une fleur ! Et si ça arrive tu vas tâter du fouet ! ". Je m'assieds, je tente de retrouver mon calme.

Quelques minutes ou dizaines de minutes passent. Madame revient vers moi. Elle doit trouver que je suis sale, de m'être trainé par terre. Sans mot dire, elle entreprend de me doucher au tuyau d'arrosage ! L'eau d'abord chaude puis tiède devient rapidement froide au fur et à mesure qu'elle semble remonter d'un puits. J'en reçois partout, sauf sur la tête. Je risque alors une première demande à mes Maîtres : " Maîtres, pouvez-vous m'enlever mon T-shirt, svp ". Ce faisant, j'espérais secrètement être libéré des menottes en métal qui m'enserraient de plus en plus douloureusement les poignets, surtout avec mes gesticulations. Pas de chance. Une fois le T-shirt enlevé, les menottes ont repris leur office de restriction. Mieux : Monsieur me dit : " tout a un prix ici. Il va falloir " payer " la faveur accordée " Tu parles d'une faveur, me dis-je. Une simple demande. Je n'avais tout de même pas demandé un ventilateur ! Et voilà qu'il pose des pinces sur mes petits tetons belges.

Tout en ce faisant, je les entends se concerter. C'est alors que tous les deux décident de m'exiler dans le fond de leur propriété. J'avance à petits pas, la chaîne des pieds ne permettant pas de grandes amplitudes. Nouvel arbre, un sapin, je crois… Nouvelle pause de marinade. De longues minutes passent encore. Si je n'avais pas été cagoulé, j'aurais au moins pu bronzer un brin. Retour des Maîtres : Monsieur, désireux de pouvoir encore torturer mes seins plus tard, me retire les gentilles pinces et m'abandonne aux chaines. Nouvelle séance de cogitation. Privé de la vue, je tente d'augmenter mon acuité auditive, mais ce n'est pas simple à travers une cagoule si épaisse. Chaque bruit éveille une douce crainte : que va-t-il se passer ? Le temps s'écoule lentement ou me suis-je assoupi… Je suis sorti de ma torpeur par un ordre sec : " lève-toi ". La cagoule glisse de mon crâne rasé et le soleil inonde mon visage. Je vois à nouveau et peut enfin contempler ma belle Maîtresse et son homme - mon Maître- brun de la splendeur hispanique.

Pas le temps de flâner : les Maîtres ont décidé me mettre au travail. Après tout un esclave est fait pour servir, travailler et rendre la vie des Maîtres plus facile, non ? C'est en tout cas leur avis. Pas question de contester et pas de syndicat des soumis pour se plaindre. Au contraire, la moindre plainte risque de me faire circuler le sang sous les coups de canne, de fouet ou de cravache… Me voilà donc à tondre la pelouse, rendue bien verte par un arrosage régulier. Si mon mari me voyait ! Lui qui a l'habitude de me voir tondre notre pelouse à grands pas, il sourirait certainement de me voir nu et partiellement entravé récolter le foin ! Mais ce petit moment d'action n'est pas pour me déplaire après ces longs moments d'inactivité imposés par mes Maîtres.

Décidément, plus question de se reposer et pourtant le Maître se plait à dire : " après l'effort, le réconfort ". Il doit certainement penser cela pour sa dame et lui-même car il me noue un tablier autour de la taille. La gêne… Il m'ordonne de leur servir l'apéro du soir ! Pas de doute, je suis là pour travailler, pas pour profiter de la douceur relative du début de soirée. Monsieur m'autorise à m'asseoir par terre à côté de lui et m'offre de boire un apéro, au verre, ouf ! Pas de biberon cette fois-ci ! Repos de courte durée : Madame m'ordonne de préparer la table pour le souper, ou plutôt du diner comme on dit dans l'Hexagone.

La douceur méditerranéenne n'est pas la même selon qu'on est Domi ou soumis. La soirée qui s'annonce allait me le faire comprendre. Je m'étais reposé, j'allais devoir assumer la douce perversion de mes Maîtres qui n'ont jamais manqué, depuis le début, de tourmenter mes pensées avec leurs réflexions de " concertation ", du genre : " et si nous lui mettions ceci ou faisions cela ?... "

La soirée serait chaude, la nuit longue…

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