Université d'été

Chapitre 8

Privation sensorielle

Fin des souffrances, oui, sans doute. Mais au lieu de pouvoir me mettre un brin au soleil afin de parfaire mon bronzage, mes Maîtres me firent coucher à plat ventre sur une table en bois. Toujours privé de la vue, quatre mains expertes s'activaient et malgré une tentative de résistance vite réprimée, des chaines me plaquèrent sur le bois, mes mains entravées par une autre chaine qui s'enroulait autour de la traverse de la table. Même pas moyen de lever les mains. Tu parles d'une position pour bronzer ! Une petite consolation : Monsieur m'offrit son emblème masculin à sucer en guise de gouter de quatre heures. Trop beau pour être vrai, pendant ce temps, Madame s'occupait de me " caresser " les fesses. Décidément, pas de chance : d'un côté un délice, de l'autre une souffrance. Je perdais à nouveau toute référence au monde : quelle heure était-il ? Combien de temps dura ma plate sieste ? En tout cas, faire la sieste à plat sur une table avec une cage de chasteté en métal pendant que votre corps est stimulé, pas évident !!! Si vous voyez ce que je veux dire … Je le répète : heureusement que la CB est une douce, sans picots…

Au bout d'un moment assez douloureux pour mes pauvres bras, Monsieur me détacha, me rendit la vue et m'ordonna de tondre sa pelouse. Fallait me voir : nu comme un ver, mis à part à la cage de chasteté dont le bruit métallique accompagnait chacun de mes pas, poussant une tondeuse et récoltant le foin… Je n'étais pas mécontentent de devoir travailler activement pour mes Maîtres. Après toutes ces heures de privation de mouvement, c'est avec plaisir que j'allais et venir dans le jardin. Il s'agissait que je roule bien droit : le Maître apprécie sa pelouse et y met toujours un grand soin. Fallait pas que je le déçoive et j'essayai de faire de belles lignes droites. Arrivé au bout d'une ligne au fond du jardin, je fus pris d'une envie de me soulager la vessie. Pas envie de demander la permission, de toute façon, je ne pense pas que les Maîtres me regardent. Je dus écarter les jambes pour pouvoir laisser mes sphincters se détendre. J'aurais pu en profiter pour faire la conversation aux fourmis car il faut du temps pour se soulager dans un tuyau de métal.

Je repris mon travail de tonte. Au bout d'un moment, la gêne : on aurait dit que du blanc d'œuf s'échappait du petit trou de la cage de chasteté. Pourvu que les Maîtres ne voient pas ça ! Ils auraient pu penser que j'aurai joui. Et comment leur prouver que leur engin de chasteté faisait bien son office ?

La pelouse terminée, je passai du statut de jardinier à celui de majordome. Après avoir dressé le couvert et servi mes tortionnaires, de l'apéro au dessert, je pu aussi manger un peu et bien entendu, faire la vaisselle ! Pas eu le temps de faire la gazinière, Monsieur arrivait à nouveau avec son bandeau et ses menottes en cuir. Et le pause syndicale ? Oublie ça, me dis-je. J'aurais voulu bien terminer mon ouvrage afin que ma Maîtresse soit heureuse de voir une belle cuisine bien propre, mais Monsieur semblait presser d'avancer dans sa soirée.

Au plus je découvrais mes Maîtres, au plus je me rendais compte qu'un programme était bien établi. Je ne dirais pas qu'ils ne laissaient au hasard, ça non. Mais ils avaient réuni leur conseil de famille (à deux, donc) pour trouver tous les moyens possibles de tourmenter un pauvre garçon en villégiature dans le sud. Comme je l'ai déjà dit plus haut, mes Maîtres avaient du probablement obtenir un doctorat en science de domination. A chaque " activité ", j'étais surpris de ce qui allait se passer. Et ce début de soirée allait me le prouver une fois de plus. Avant le repas du soir, Madame et Monsieur ont voulu se montrer d'une grande gentillesse et, assis dans leurs confortables rocking chairs, ils avaient sorti un jeu de société qui consistait en un plateau recouvert d'un feutre vert et de dés à jouer. Monsieur sortit un papier et un Bic de son bureau et m'annonça que j'allais devoir lancer le dé plusieurs fois. Mais il se gardait bien de me dire pourquoi ! Avec de grands regards complices avec Madame, ils souriaient plein leurs dents des chiffres que le dé indiquait. Une fois toutes mes séries de dé tirées, ils me dirent, toujours souriant genre speakerine annonçant un réjouissant programme, que les quatre premiers jets de dé correspondait au nombre de pinces à linge à placer sur mes seins et mes boules. Le dernier jet, à multiplier par dix, était la durée du " châtiment ". Pour les Maîtres, pas de hasard, mais pour moi, c'est le hasard qui décida de mes prochaines souffrances.

Retour dans la cour de la maison, yeux bandés, cage de chasteté toujours en place. Une nouvelle fois, une couche en place. Pour sécuriser la chose, on me mit une culotte en pvc qui faisait des bruits de chaines. Bien serrée, cadenassée… Merci le manque de confiance. Madame ou Monsieur, comment savoir, m'emballa les mains dans du film plastique. Puis une petite chaine me les plaqua contre les cuisses et encore du film pvc pour entourer façon momie, mais uniquement buste et cuisses. Pourquoi, me dis-je, pas tout le corps ? La réponse viendrait plus tard.

À nouveau couché à plat ventre sur la table de la sieste du goûter. Plus de vue, plus de toucher. Et bientôt plus d'ouïe : à nouveau le lecteur mp3 dans les oreilles à un certain niveau de décibel. Pour que le petit casque tienne ils prirent le soin de m'emballer la tête avec du film comme on emballe une tête de veau. Moi qui ne bouge quasi jamais, je pris cela pour un nouveau manque de confiance ! Le bâillon boule effleura mes lèvres, mais je n'avais pas envie de le laisser aller plus loin. Monsieur se fâcha, et après quelques coups de cravache sur le dos bien en évidence (je compris alors pourquoi je n'étais pas emballé partout), j'ai desserré les dents pour avaler cette boule qui était enduite de cannelle ! Après la moutarde, la cannelle. On restait dans les épices. Il ne restait plus qu'un sens totalement libre : l'odorat. Mais pour être vraiment complets, les Maîtres me plaquèrent à nouveau un slip -légèrement- odorant sous le nez. Privé de tous mes sens, j'ai commencé à " dévisser ". De la cire chaude tombait sur mon dos de manière ordonnée comme si mon dos devenait un panneau publicitaire, mes pieds étaient chatouillés, tout mon corps était cravaché, fouetté, à l'exception de la tête (MERCI MAITRESSE et MAITRE). Privé de tous mes sens, j'avais progressivement perdu tout repère de temps, d'espace, de lieu. La cage de chasteté écrasée entre ma vessie et le lange, le tout écrasé sur la table, j'essayai d'uriner. A chaque fois que les vannes de l'écluse s'ouvraient, une stimulation magistrale les refermait !

Quand les Maîtres se furent bien défoulés, ils me détachèrent. Plus de bâillon, plus de main emballée, plus de slip sur la tête, plus de mp3. Au milieu de la cour, je n'eus pas le temps de frissonner, car les Maîtres me firent passer la tenue de nuit des résidents prisonniers dans leur centre : la camisole de force ! Il ne fallut pas longtemps pour que je me retrouve allongé à même le sol au pied du lit des Maîtres. Encore heureux que j'avais récupéré mon ouïe : ils avaient oublié leurs boules Quies ! Se souvenant de ma précédente nuit au centre, Monsieur m'entrava de façon à ce que je ne sache pas libérer mes pieds. Et le seul bruit de chaine que je pouvais entendre était celui de la culotte plastique bien cadenassée ! Après avoir tourné dans mes entraves, je trouvai le repos. Je ne me souviens même plus si le lit grinça ce soir-là…

Précédent... Suivant...